Harcèlement judiciaire des militants des droits des chômeurs: La LADDH saisit le rapporteur spécial de l’ONU

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La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) a adressé une correspondance, signée par Maître Noureddine Benissad, à M. Michel Forst, rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, afin de le saisir sur le cas des militants des droits des chômeurs de Laghouat et d’El Oued, poursuivis en justice et, pour certains condamnés à de la prison ferme.

 « Etant le rapporteur spécial des nations unis concernant la situation des défenseurs des droits de l’homme dans le monde, nous nous réjouissant que vous soyez en mesure de saisir les gouvernements concernant les cas de défenseurs des droits de l’homme à travers des appels urgents, quand la situation le permet. A ce titre, la LADDH estime que des défenseurs des droits de l’homme en prison actuellement entre dans votre mandat », écrit d’emblée la LADDH.

Concernant le cas des militants de la CNDDC de Laghouat, la correspondance souligne que « des défenseurs des droits de chômeurs ont organisé un sit-in devant le tribunal de Laghouat, à 400 kilomètre au sud d’Alger, le 28 janvier dernier pour soutenir leur camarde Mohamed Reg et son voisin dans un procès les accusant d’atteinte à un corps constitué. Pendant cette manifestation publique Belkacem Khencha, leader du mouvement de défense des droits des chômeurs ainsi que sept autres militants, ont été interpellés puis poursuivit en justice. Ils ont été finalement condamnés le 11 février dernier à une peine de six mois de prison ferme et de 6 mois suris chacun. Quant à Mohamed Reg et son voisin, interpellés tous les deux près de chez eux, ils ont été condamnés à 18 mois de prison ferme et d’une amende de 20 000 DA chacun. Après leur retour en prison, les détenus ont immédiatement décrété une grève de la faim illimitée en signe de protestation contre leur jugement. » Il est indiqué par ailleurs que, dans cette affaire, le procès en appel est fixé pour le 11 mars en cours à la cour « deuxième instance » dans la même localité.

Pour ce qui est du cas de Rachid Aouine, également membre du Comité de défense des droits des chômeurs dans la région d’El Oued, la LADDH informe le rapporteur de l’ONU que « allant déposer plainte, il a fait à sa grande stupéfaction, l’objet de poursuite par le parquet pour outrage à un fonctionnaire et incitation à un attroupement non armé. Il a fait l’objet d’une perquisition de son domicile où les services de la police ont saisi tout son matériel informatique. Il est accusé d’incitation à un attroupement via Facebook (Internet). Il a été arrêté le 2 mars dernier. Rachid Aouine risque 3 ans de prison ferme et son procès est programmé pour le 10 mars encours. Quelque jours plus tard, le 4 mars 2014 c’est un de ses camardes qui est arrêté, emprisonné puis poursuivi par les mêmes chefs d’inculpation pour les même motifs. »

Après avoir rappelé que l’article 33 de la constitution algérienne stipule que « la défense individuelle ou associative des droits fondamentaux de l’homme et des libertés individuelles et collectives est garantie », la LADDH de mande à M. Frost « d’intervenir auprès des autorités algériennes, état membre du conseil des droits de l’homme ayant ratifié la majorité des instruments pertinents de protection des droits de l’homme, pour libérer ces défenseurs des droits de l’homme et appeler les autorités à respecter le principe du droit à la protection des défenseurs des droits de l’homme. »

R.I