L’Algérie n’enverra pas de troupes armées au Yémen

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Alors qu’une coalition de plus de dix pays, emmenée par l’Arabie saoudite, a lancé une action militaire au Yémen, dans la nuit de mercredi à jeudi, Alger refuse toujours d’envoyer des troupes armées en dehors de ses frontières. 

“L’Algérie n’autorisera aucune participation de ses troupes armées à des opérations militaires en dehors de ses frontières, mais pourrait toutefois apporter un soutien en logistique au delà de ses frontières sans pour autant impliquer ses troupes armées”. Le ministre des Affaire étrangères algérien, Ramtane Lamamra, qui s’exprimait marge d’une réunion avec ses homologues arabes à Charm el Cheikh, a réaffirmé jeudi 26 mars la tradition algérienne en matière d’opération militaire à l’étranger : oui à un soutien logistique, non à l’envoi de soldats algériens au Yémen.

Interrogé par la presse sur la création d’une force arabe commune, promue par le Président égyptien Abdelfettah El Sissi depuis plusieurs semaines, étant donné l’aggravation de la crise sécuritaire au Yémen et en Libye, Ramtane Lamamra s’est montré prudent. Il a ainsi expliqué que, si l’Algérie prend “acte de la proposition soumise par le Président Abdelfettah El Sissi concernant de telles initiatives au service de l’action arabe commune et de la sécurité dans les pays arabes”, elle estime, dans le même temps, “nécessaire de tirer les bons enseignements à partir des précédentes expériences”.

Une coalition emmenée par Ryad

Ces dernières semaines, pour rappel, la crise au Yémen s’est sensiblement envenimée. La milice chiite des Houtis, appuyée par l’Iran, qui contrôle la capitale depuis septembre dernier, a effectué une progression fulgurante en direction d’Aden, contraignant le président Abd Rabbo Mansour Hadi, reconnu par la communauté internationale et soutenu par l’Arabie Saoudite sunnite, à réclamer une intervention militaire étrangère.

Un appel entendu par Ryad, qui a pris la tête mercredi de la coalition de plus de 10 pays, menant une opération militaire au Yémen, baptisée “Tempête de fermeté”. Parmi les membres de cette coalition, approuvée par Washington mais contestée par l’Union européenne et l’ONU, tous les pays du Conseil de coopération du Golfe – à savoir, l’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït, le Bahreïn et les Emirats arabes unis – sauf l’Oman. Egalement volontaires, l’Egypte, le Maroc, la Jordanie et le Pakistan mais aussi le Soudan – traditionnellement allié de l’Iran-, a indiqué mercredi l’Arabie saoudite. D’après la chaîne saoudienne Al-Arabiya, Ryad a mobilisé quelques 150.000 militaires et 10 avions de combat tandis que les Emirats arabes unis ont engagé 30 avions de combat, le Bahreïn et le Koweït 15 appareils chacun, le Qatar 10. La Jordanie doit engager six appareils.

Avec agences