Le constat dressé par l’Association pour la protection et l’orientation du consommateur et de l’environnement (APOCE), sur les pratiques de certains concessionnaires au salon de l’automobile d’Alger, est effarant. 

«Le consommateur est choqué par les prix très élevés des voitures. Les promotions proposées par les concessionnaires lors de ce salon, sont en majorité fausses. Elles sont juste destinées à arnaquer les citoyens. Certains concessionnaires, sans scrupules, ne reculent devant rien pour arnaquer les gens », estime Elksouri Samir, vice-président de cette association crée en 2011, et également chargé des médias, joint cette après-midi par Algérie-Focus.  «Certains concessionnaire ont augmenté les prix des voitures de 30%, pour les même produits proposés il y a seulement quelques mois. Et en plus, ce ne sont pas des voitures qui répondent au nouveau cahier des charges », dit-il.

Le responsable de cette association affirme qu’ils ont enregistré, durant le salon, une trentaine de requêtes de la part de citoyens. «On a pu résoudre 80% des dépassements enregistrés à l’amiable. Pour les autres, nous avons entamé des procédures judiciaires », dit-il, ajoutant que la majorité des infractions ont un rapport avec le non-respect par les concessionnaires, du nouveau décret relatif aux délais de livraisons et les modalités de paiement. «Certains concessionnaires demandent à leur clients de payer la totalité du prix de la voiture, alors que sa livraison peut durer trois mois ou plus. Le nouveau décret stipule que le client paie une tranche à la commande et l’autre, à la livraison qui ne doit pas dépasser les 45 jours. Si le client paie la totalité du prix de la voiture, il peut la réceptionner le jour même, ou au plus tard sept jours après », explique M. Elksouri. «Les clients ne connaissent pas tous leurs droits, et les concessionnaires ne les informent jamais» ajoute-t-il. «On a même constaté des cas où le concessionnaire exige de ses clients de payer en cash la totalité du montant de la voiture. C’est aberrant! Comment peut-on obliger un client de ramener la totalité du prix d’une voiture au salon avec tous les risques que cela peut comporter», se désole encore M. Elksouri, en précisant que son association était présente au salon avec plus d’une vingtaine d’éléments, pour orienter les clients acheteurs, les conseillers avant, pendant et après l’achat d’une voiture.

«Des concessionnaires vendent encore des voitures, au vu et au su de tout le monde, des voiture avec des garanties de deux ans ou 50 000 KM. Ils recourent à cette pratique alors que la loi les obligent à faire des garanties d’au moins trois ans, ou 100 000 KM », s’offusquent-il.

L’autre arnaque que soulève le vice-président de l’APOCE est l’exposition au salon, de voitures qui datent de plusieurs années après leur fabrication, présentées et même vendues au public comme étant de nouvelles voitures.  «Même de grandes marques internationales s’adonnent, sans scrupules à cette pratique. Des voitures fabriquées en 2012, ou 2013 sont exposée et vendues comme étant des voitures fabriquée en 2015 », confie-t-il. «Ces voitures peuvent constituer un grand risque pour le conducteurs. Il y a des pièces qui périssent quand la voiture est stockée durant un certain temps. Comme par exemple les pneus, la batterie, ou les chaines de distribution en plastique », explique-t-il à Algérie-Focus.

Arezki Ibersiene