Grande-poste-algerie
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Décidément, la direction d’Algérie Poste est prête à tout pour mettre sous l’éteignoir le syndicat autonome du secteur. En effet, le président et membre fondateur du Syndicat national autonome des postiers (SNAP), Mourad Nekkache, a reçu récemment la notification de son licenciement définitif, après son passage, le 18 mars passé, devant la commission nationale des recours qui a ainsi confirmé la sanction prononcée à son encontre par la commission disciplinaire en août dernier.

Contacté ce dimanche 26 avril, M. Nekkache qualifie cette décision « d’arbitraire » et dénonce « une campagne de représailles à l’encontre des syndicalistes qui refusent la compromission et dont le seul tort est d’avoir pris sur eux de constituer un syndicat autonome qui a choisi pour credo: Un travail décent pour une vie digne. »

Pour étayer son propos, notre interlocuteur cite le cas du porte-parole du syndicat, Tarek Ammar Khodja en l’occurrence, « qui risque lui aussi de subir le même sort ». « M. Ammar Khodja est passé devant la commission des recours le 15 de ce mois. Cette dernière ne lui a pas encore notifié sa décision, mais elle va sans doute confirmer définitivement celle du licenciement dont il a été victime l’été dernier », souligne, dépité, le président du SNAP.

Pour sa part, M. Ammar Khodja avait dénoncé par le passé, à Algérie Focus, « ces mesures disciplinaires arbitraires qui ne sont en réalité que des prétextes qui cachent mal une campagne d’intimidations et de représailles qui s’abat sur les syndicalistes, destinée à dissuader les travailleurs d’Algérie Poste d’exercer leur droit syndical. »

En dépit de ces sanctions extrêmes, ces leaders syndicaux ne comptent pas pour autant baisser les bras. M. Nekkache se dit, en effet, « décidé à saisir la justice et continuer son combat jusqu’au bout ». Pour mettre un terme à « la déliquescence et la gangrène qui se généralise dans le secteur de la Poste », le président du SNAP lance donc un appel en direction de des postiers, « afin de poursuivre la bataille syndicale et continuer la marche commune vers le recouvrement de la dignité bafouée ».

Ces leaders syndicaux, rappelons-le, sont accusés par leur employeur de “manœuvres et tentatives de compromission, d’intimidation, de diffamation ou de provocation”, d’ ”entrave à la liberté de travail” et d’”atteinte aux intérêts moraux et matériels de l’établissement”. Il leur est également reproché une « incitation répétée au désordre sur les lieux de travail, en vue de perturber le bon fonctionnement de l’établissement et pour les motifs incompatibles avec l’exercice des droits syndicaux légalement reconnus. »

A souligner, par ailleurs, que le récépissé d’enregistrement du dossier de constitution du SNAP n’a pas encore été remis aux membres fondateurs deux ans après le dépôt du dossier au niveau du ministère du Travail. Le message des pouvoirs publics à l’adresse des travailleurs d’Algérie Poste est on ne peut plus clair.

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