Amnesty Algérie lance, encore une fois, un appel à l’adresse des autorités afin d’abolir la peine de mort dans notre pays. La section algérienne de l’ONG dresse une série d’arguments à même de convaincre l’Etat algérien de passer du moratoire, instaurée en 1993, à l’abolition pure et simple de ce châtiment « inhumain ».

La section algérienne d’Amnesty International (AI Algérie) a réitéré  son appel à l’abolition de la peine de mort dans notre pays. « Comment se fait-il que notre pays, qui joue un rôle moteur sur le moratoire à travers le monde depuis 2007, n’a toujours pas aboli la peine de mort? », s’est interrogée la directrice d’AI Algérie, Mme Hacina Oussedik, lors d’une conférence de presse sur le sujet, animée  ce mercredi 1er avril au siège de l’association à Alger. Et d’enchaîner: « La réponse des autorités est, à chaque fois, que l’opinion publique n’y est pas prête ». Néanmoins, aux yeux de la conférencière, cet argument ne tient pas la route. « Il est de la responsabilité de l’Etat d’éclairer son opinion publique et faire disparaître les idées reçues », a-t-elle déclaré, avant de faire le parallèle avec la France où  « il a fallu deux siècles avant son abolition ».

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La conférencière a ainsi énuméré toute une série de raisons  pour lesquelles l’Etat doit aller au delà de cette « suspension temporaire », en abolissant carrément la peine de mort. En effet, pour elle, la peine capitale est souvent prononcée à l’encontre d' »étrangers et de personnes discriminées », en est une traduction d’un acte de « vengeance », ne correspond pas aux valeurs humaines et que l’Etat ne devrait pas s’arroger le « super pouvoir » de décider de la vie et de la mort d’êtres-humains. Pour étayer son propos, la militante des droits humains exhorte l’Etat algérien à se rappeler « combien de figures de notre guerre de libération ont été guillotinées par la France coloniale, au motif qu’ils étaient des terroristes ».

Mme Oussedik a salué toutefois les efforts consentis jusque-là par l’Algérie qui observe un moratoire sur l’application de la peine de mort « depuis 1993 ». Mieux, « l’Algérie, souligne-t-elle, a toujours sponsorisé la résolution des Nations-Unies relative au moratoire sur la peine capitale ». « On ne peut que se féliciter de cette attitude ». Selon l’oratrice, il y a eu des tentatives d’abolition de la peine de mort depuis l’indépendance. Lesquelles tentatives ont buté sur le refus d’Ahmed Benbella. Et la directrice d’AI Algérie de rappeler la tragique exécution du colonel Chaâbani (en septembre 1964, NDLR).