Véritable volée de bois vert que celle que subit actuellement, Amara Benyounès, pour sa décision de surseoir à l’autorisation préalable pour l’exercice du commerce de gros des boissons alcoolisés. Depuis, M. Benyounès ne cesse de subir les attaques virulentes des milieux islamo-conservateurs.

Après avoir qualifié le ministre du Commerce, Amara Benyounès, de tous les noms d’oiseaux, les islamistes passent à l’action. En effet, le leader de la ‘Sahwa (éveil) islamique salafiste libre (SISL, mouvement non agréé), Abdelfatah Hamadache Zeraoui, a lancé un appel à marcher, vendredi prochain à Alger, pour l’interdiction de la vente des boissons alcoolisées en Algérie.

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Dans un appel, publié hier dimanche sur sa page Facebook, le bigot salafiste appelle ses partisans à battre la pavé à partir de la mosquée « El Mouaminine » de Belcourt, son fief, jusqu’à l’hémicycle de l’APN où ils remettront « une lettre de refus du peuple algérien à la libéralisation de la vente d’alcool ».

Le tartufe salafiste, faut-il le souligner, n’en est pas à sa première puisqu’il avait organisé une manifestation publique en juin 2014, sous le même mot d’ordre, suite à des rumeurs faisant état de la volonté du ministre de libéraliser la vente des spiritueux. Mais l’action initié par l’ancien membre du FIS dissous n’avait mobilisé que quelques chats. En décembre dernier, il avait appelé au meurtre du journaliste-écrivain Kamel Daoud, suite à des opinions exprimées par ce dernier sur les plateaux d’une chaine TV française, lesquelles opinions étaient aux antipodes des fetwas obscurantistes de Hamadache. En janvier dernier, une marche qui s’est avérée être un soutien à la tuerie de Charlie Hebdo a été organisée sur Alger, avant de dégénérer devant le siège de l’APN.

A souligner que depuis l’étalage médiatique de son instruction annulant l’autorisation préalable pour la vente de gros des boissons alcoolisées, adressée au responsable du Centre national du registre de commerce (CNRC) le 19 février dernier, M. Benyounès ne cesse de subir les foudres des milieux islamo-conservateurs. Des chaînes TV et des journaux arabophones, réputés être proches aussi bien du pouvoir que des cercles islamistes extrémistes, voire terroriste, servent de relais médiatiques aux appels de ces cagots qui s’érigent en représentants de Dieu sur Terre. Dans l’une des fetwas diffusées par ces chaînes sattelitaires, le mufti a accusé le ministre de « déclarer la guerre contre Dieu ». L’un des torchons imprimés a rapporté, pour sa part, que les ministre des Affaires religieuses aurait « blâmé » son collègue du Commerce. Des parlementaires et des chefs de partis islamistes ont, eux aussi, interpelé Amara Benyounès au sujet de cette instruction.

Face à ces attaques virulentes de toutes parts, M. Benyounès se retrouve isolé à tel point de na pas pouvoir assumer publiquement sa décision. Une décision des plus normales et qui devrait concerner même la vente de détails des boissons alcoolisées, qui n’est autre qu’une activité commerciale comme toutes les autres. D’autant plus que personne n’est contraint de boire!