La comédie « Certifié Halal » a été projetée mardi 28 avril en avant-première à la salle Ibn Khaldoun à Alger, en présence du réalisateur Mahmoud Zemmouri, d’une partie du casting et de la ministre de la Culture, Nadia Labidi. Le film, dont l’intrigue se déroule durant deux mariages traditionnels algériens, évoque sans ambages la question de la virginité. 

Dans une banlieue parisienne, Kenza (Hafsia Herzi), militante des droits de la femme et l’égalité des sexes, évoque en direct à la télévision les combats de son association « Ni poules ni soumises » et l’augmentation des certificats de virginité. Son passage à la télévision est très remarquée dans la cité où elle vit. Pour laver cet affront, son frère aîné, Chérif, décide de la marier avec un homme du bled, qu’il présume être respectueux des traditions et de l’islam. Le mariage entre Kenza et le riche éleveur de poulets de la région de Biskra, répondant au nom d’Attalah, est conclu via Skype, par l’intermédiaire du cousin Aziz (Smaïn) et à l’insu de la jeune femme. Chérif emmène alors Kenza, en chaise-roulante et dans un état second, en Algérie. Ils arrivent directement dans le village du futur marié, qui a déjà répudié huit femmes. Le cortège nuptial s’élance, fait un demi-tour par un mausolée où il croise un autre cortège. Les convois s’entremêlent, c’est bientôt l’accident. Dans la pagaille, les mariées sont inter-changées.

Burlesque

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Hafsia Herzi (au centre), l’actrice césarisée dans le rôle de Kenza.

Quiproquo, chassés-croisés et scènes loufoques, avec « Certifié Halal », Mahmoud Zemmouri signe là une bonne comédie burlesque, plutôt bien rythmée. Le réalisateur ne craint pas de tourner en dérision le mariage traditionnel algérien. Tout y passe : la dot, le cortège, la nuit de noce et jusqu’au drap blanc tacheté de sang exposé aux convives. Il égratigne au passage la communauté franco-algérienne, quelque peu tourmentée par son rapport à la religion et aux traditions. Drôle et baigné par la lumière enchanteresse de la région de Biskra, « Certifié Halal » contient quelques scènes savoureuses comme celle de la bataille entre les deux convois de voitures au pied du marabout, des théières remplies d’une certaine liqueur durant le mariage ou encore celle du bus aménagé en salle des fêtes pour mariage.

À l’issue de la projection, Chaba Yasmina, présente au générique, a réveillé la salle Ibn Khaldoun et esquisse quelques pas de danse avec l’acteur Smaïn et le reste du casting, aux côtés de Mahmoud Zemmouri. Le public, enjoué, est ressorti avec le sourire. Smaïn s’est dit heureux que son film remporte l’adhésion des spectateurs algérois. « C’est formidable de pouvoir rire en même temps que son public », a-t-il glissé avant de quitter la salle.

Le film sortira en salle à partir du 13 mai prochain, en France et en Algérie.