Le long-métrage retraçant la vie du Colonel Lotfi, réalisé par Ahmed Rachedi a été présenté, mercredi matin, en avant-première pour la presse, à la salle Ibn Khaldoune d’Alger.

Le film, produit par le ministère des Moudjahidine et le Centre national d’études et de recherches sur le mouvement national et la Révolution du 1er Novembre, respecte scrupuleusement la version « officielle » de l’histoire. Éludant tous les côtés ombrageux qui peuvent fâcher, notamment ses rapports avec sa hiérarchie et le ministère de l’Armement et des Liaisons générales (MALG).

Le film a été tourné dans les wilayas de Béchar et de Tlemcen, ville natale de ce héros de la révolution algérienne. Il retrace la vie et le parcours du Colonel Lotfi, de son vrai nom Benali Boudghène, durant la guerre d’Indépendance.

Ayant rejoint le maquis en octobre 1954, le Colonel Lotfi, qui a pris comme premier nom de guerre Si Brahim, a joué un rôle important durant la guerre d’indépendance. Il est l’un des plus intègres moudjahidin, qui avait comme seul but l’indépendance du pays. Ce film a retracé tout son parcours depuis qu’il a pris le maquis à Tlemcen, ses passages par Oujda au Maroc, son voyage en Egypte, et sa mort le 27 mars 1960 à Djebel Béchar, en compagnie de ses compagnons d’armes, lors d’une féroce bataille contre une armada de soldats français.

 

Le film, malgré sa durée « très » longue de 2h50 minutes, arrive à accrocher le téléspectateur. Des scènes pleines d’émotions meublent ce film. Le jeune acteur Youcef Sehairi, qui interprète le rôle principal, a bien campé ce rôle en donnant de l’épaisseur au personnage principal.

Toutefois, le spectateur peut constater de nombreuses imperfections techniques. Les effets spéciaux sont excessivement basiques. Le « fake » saute aux yeux dans certaines scènes de meurtres, ou surtout dans une scène d’un avion qui survole un terrain de bataille, suivi d’un trait épais de couleur noire. Il faut du temps pour comprendre qu’il est atteint par des tirs de moudjahidin, et qu’il va se crasher.

Des plans de la ville de Tlemcen, intégrés dans le film, paraître en porte-à-faux avec le contexte de l’histoire du film, à savoir la période coloniale. Des séquences où sont clairement visibles les nouvelles constructions de la ville, des poteaux électriques récents, des trottoirs revêtus de carrelages comme on en voit partout dans les villes algériennes actuellement.

Il faut ajouter aussi quelques lourdeurs à même de lasser le spectateur. Comme c’est le cas d’une séquence de soldats français prenant d’assaut un village, saccageant tout sur leur passage, tuant et malmenant les villageois. Cela altère la crédibilité de la production, au point de reconnaître clairement que c’est une scène de tournage de film. « Colonel Lotfi » s’achève sur une belle scène forte en émotions, à savoir celle de la mort du Colonel Lotfi au champ d’honneur l’arme à la main, embrassant cette terre pour laquelle il s’est dignement sacrifié.

Arezki Ibersiene

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