Plusieurs universités du pays ont été, plus ou moins, paralysées ce mardi 14 avril, au premier jour de la grève de trois jours à laquelle a appelé le Conseil national de l’enseignement supérieur (CNES), selon des enseignants dans quelques universités du pays contactés par nos soins.

Si le secteur de l’enseignement supérieur fait face à des grèves récurrentes depuis plusieurs années déjà, le débrayage de cette fois-ci constitue un déclic dans la vie du syndicat sus-cité. Affaibli par un mouvement de dissidence ces dernières années, le CNES reprend du souffle par cette action de protestation, décidée à l’issue de son dernier conseil national tenu vendredi dernier. Laquelle réunion a été dominée par la mouvance « radicale » du syndicat, dont le fer de lance est la section de l’université de Tizi-Ouzou. « Une bonne nouvelle, plusieurs sections dont la notre se sont représentées conformément aux statuts, effectuant ainsi un pas en direction de la réappropriation du syndicat », s’est félicitée ladite section dans un communiqué rendu public à l’issue du conseil national du CNES de vendredi dernier.

Advertisement

Qualifiant ce mouvement de débrayage « d’avertissement qui sera adressé à la tutelle pour l’interpeller au sujet de toutes les doléances et revendications exprimées par les enseignants de l’université algérienne et qu’elle ne daigne pas prendre sérieusement en charge », la section de Tizi-Ouzou estime qu’ « une nouvelle donne a aussi aiguillonné notre syndicat vers une nouvelle stratégie pour adopter maintenant une nouvelle position, plutôt offensive, en appelant  tous les enseignant(e)s à travers toutes les universités du pays à observer trois journées de protestations les mardi 14, mercredi 15 et jeudi 16 avril 2015 en guise d’avertissement qui sera adressé à la tutelle pour l’interpeller au sujet de toutes les doléances et revendications exprimées par les enseignants de l’université algérienne et qu’elle ne daigne pas prendre sérieusement en charge. »

Cette grève se veut également, d’après le même document, être « une motion de soutien aux enseignants de l’université Mouloud MAMMERI de Tizi-Ouzou qui sont en grève depuis le 11 février 2015″.

La section de Tizi-Ouzou, faut-il le souligner, a adopté une position frondeuse vis-à-vis de l’actuelle direction du CNES, menée par Abdelmalek Rahmani, accusée, par nombre de syndicalistes, d’ « accointances avec le ministère de tutelle qui n’a pas daigné prendre sérieusement en charge (leur) plateforme de revendications ».

Contacté pour avoir plus de précisions sur « la réappropriation » du syndicat qui s’est profilé lors du dernier conseil national, le coordinateur de la section de Tizi-Ouzou a esquivé la question. Selon Ould Ali Smay, ce mouvement de fronde est « interne au CNES » et le problème sera débattu lors des prochains conseils nationaux du syndicat. Quant au taux d’adhésion des enseignants au mot d’ordre de grève, notre interlocuteur s’est contenté de répondre que « la mobilisation ne cesse de s’élargir ». Le ministère de l’Enseignement supérieur, pour sa part, est resté injoignable dans l’après-midi de ce mardi. Idem pour le coordinateur national du CNES, Abdelmalek Rahmani.

Le CNES, ajoute-t-on dans le même communiqué, donne ainsi « un ultimatum à la tutelle pour la prise en charge des revendications des enseignants et pour ne pas présenter le projet de révision du statut de l’enseignant-chercheur en l’état au conseil des ministres pour adoption, sans le soumettre à la négociation et sans revenir aux normes de notre métier, faute de quoi le conseil national du CNES appellera à une grève ouverte nationale dès le samedi 18 avril 2015, date qu’il a dors et déjà retenue pour la tenue d’une session extraordinaire. »

A rappeler enfin que les enseignants grévistes réclament, grosso modo, l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles et pédagogiques à travers notamment la révision de leur statut particulier.