Des eaux usées abandonnées par Sonatrach depuis 2013 près d'un puits gazier à 20 km au nord de In Salah. Photo DR

Le Collectif national pour un moratoire sur les gaz de schiste en Algérie (CNMGS) s’insurge contre le recours à la fracturation hydraulique dans le sud du pays, en dépit de l’opposition citoyenne à l’exploitation de cet hydrocarbure non conventionnel.

«Le CNMGS dénonce l’éminence de nouvelles fracturations hydro-chimiques dans la région de In Salah, malgré le refus de la population locale mobilisée depuis plus de 100 jours pacifiquement et de façon déterminée et le refus des nombreux militants anti-gaz de schiste en Algérie », lit-on dans un communiqué rendu public dans la soirée d’hier mardi.

Le collectif affirme ainsi qu’ « il a été constaté sur le site du KM 35 la présence de quantités importantes de produits chimiques stockés dans des fûts mais aussi dans des sacs, ces derniers pouvant laisser s’échapper des produits chimiques dans l’atmosphère et, ce faisant, créer une irrémédiable pollution sur l’environnement et les personnes ». « Il a été également constaté, ajoute-t-on dans le même document, la présence de matériel lourd de fracturation, véhicules, etc. ».

Le CNMGS s’indigne face à la sourde oreille affichée par les pouvoirs publics quant à la demande de la société civile et de la communauté scientifique d’instaurer un moratoire sur les gaz de schiste et de lancer un débat national sur la problématique.

Le CNMGS réitère donc « avec force et détermination, l’urgence d’un moratoire et en appelle aux plus hautes instances de notre pays.» « Il est de notre devoir de citoyens de continuer notre mobilisation contre la fracturation hydro chimique des schistes et de rester intransigeants quant au devenir de la gestion de nos ressources naturelles et hydriques afin de préserver l’avenir des générations futures », ajoute-t-on dans le même document. Et de conclure par un hommage et un appel à «soutenir la mobilisation exemplaire de In  Salah».

Le CNMGS exige, par ailleurs, « la création d’une commission indépendante sur la question des gaz de schistes par fracturation hydraulique ». Il demande en outre à ce que « soient rendus publics le document validé par l’Assemblée Nationale Populaire sur la question des gaz de schistes, le rapport des experts remis par M. Mebtoul au Premier ministre ainsi que les conclusions qui ont permis à l’Autorité de Régulation des Hydrocarbures la validation de l’exploitation des gaz de schistes en Algérie. »

Le CNMGS, faut-il le rappeler, a été créé le 25 février 2015 «  de soutenir l’appel à Moratoire adressé par la société civile de In Salah le 23 février 2015 au président de la République », selon le même document, signé par des représentants du collectif dans une quinzaine de wilayas ainsi que ceux de la diaspora en France, en Angleterre, aux Etats-unis et au Canada.