Les gardes communaux reviennent à la charge et de la plus forte des manières. Depuis mars 2014, date de la scission au sein du mouvement qui s’est scindé en deux ailes, c’est la première fois qu’ils refont front commun pour réitérer leurs revendications. Cela s’est passé hier mercredi lors d’un rassemblement de protestation devant le siège de la wilaya de Bouira, un des bastions de ce corps para-militaire créé au milieu des années 1990 et dissous en mars 2011.

La hache de guerre étant désormais enterrée par le Mouvement national des gardes communaux libres (MNGCL), mené par Aliouat Lahlou, et la Coordination nationale des gardes communaux (CNGC), conduite par Hakim Chouaïb, le mouvement de protestation des « hommes debouts » reprend du souffle. « C’est à la demande de la base que nous avions décidé d’unifier nos actions. Le sit-in d’hier à Bouira a démontré l’importance et l’utilité d’une telle décision, eu égard à la forte mobilisation des gardes communaux à l’occasion. Plus d’un milliers de protestataires, issus des 48 wilayas du pays y ont, en effet, été présents », indique M. Lahlou, qui se réjouit du « retour de la CNGC sur le terrain de l’action ».

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Campement sur l’autoroute Est-Ouest les 1er, 2 et 3 mai prochain

Les gardes communaux ne comptent pas s’arrêter là. Ils ont ainsi décidé d’organiser, en rangs unifiés, une grande action de rue début mai prochain. « Nous allons campé pendant trois jours d’affilé, les 1er, 2 et 3 mai prochain, sur l’autoroute Est-Ouest, à hauteur du tronçon situé entre les deux tunnels de Bouzegza (à la lisière des wilayas de Bouira et Boumerdès, NDLR) », affirme le porte-parole du MNGCL.

« Madani Mezrag, architecte du terrorisme islamiste armé, est à jeter en prison au lieu de l’accueillir dans les salons de la Présidence »

A travers cette action d’envergure, qui rappelle le fameux campement d’une dizaine de jours à Boufarik (wilaya de Blida) durant l’été 2012, les gardes communaux veulent réitérer leurs revendications « politiques » et « socioprofessionnelles » auxquelles « les pouvoirs publics ont, d’après notre interlocuteur, ont réservé la sourde oreille jusque-là ».

Réparation morale et révision du statut des gardes communaux

Sur le plan politique ils réclament notamment « une reconnaissance officielle des sacrifices consentis pour la sauvegarde de la République ». Laquelle reconnaissance passe, selon M. Lahlou, par l’institution d’un « Haut commissariat aux victimes pour la sauvegarde de la République » ainsi que « la traduction en justice de Madani Mezrag (ancien responsable de l’AIS, aile armée de l’ex-FIS) pour ses crimes et ses déclarations publiques à travers lesquelles ils les revendiquent ». Une remise en cause, on ne peut plus claire, de la politique de « réconciliation nationale ». Les gardes communaux veulent laver l’opprobre de l’érection de l’ex-chef terroriste « en personnalité nationale qu’on a consultée à propos de la nouvelle constitution ». Quant au volet socioprofessionnel, les gardes communaux, à en croire notre interlocuteur, exigent notamment « la révision » de leur statut.

Le chef de file de la CNGC, M. Chouaïb, est, quant à lui, resté injoignable en milieu d’après-midi de ce jeudi 9 avril.