La compagnie pétrolière étatique Sonatrach et la multinationale Halliburton sont sur le point de lancer les opérations de fracturation hydraulique sur un puits-pilote de gaz de schiste, situé à une trentaine de kilomètres de la ville de In Salah. Le début des opérations controversées n’est qu’une question d’heures selon des sources locales, qui ont alerté ce dimanche soir la rédaction d’Algérie-Focus.

Le gouvernement d’Abdelmalek Sellal ne semble pas prêt à renoncer à explorer les ressources de l’Algérie en gaz de schiste. Si le projet a été mis en sourdine ces dernières semaines, suite aux échauffourées qui ont éclaté à In Salah entre les manifestants anti-gaz de schiste et les forces de l’ordre, début mars, il est de nouveau d’actualité, à en croire des animateurs du mouvement populaire de la place Soumoud, qui ont contacté ce dimanche 12 avril la rédaction d’Algérie-Focus.

D’après des témoins oculaires, le matériel nécessaire à cette activité controversée, en raison notamment de son impact néfaste sur les nappes phréatiques, a été installé discrètement et à l’insu des habitants de In Salah, ces derniers jours, au niveau du puits-test géré conjointement par Sonatrach et l’Américain Halliburton. Ce puits-pilote n’est situé qu’à une trentaine de kilomètres au nord de la ville de 45.000 âmes. « Tout le matériel est en place autour du puits d’Halliburton. Ils sont prêts à commencer la fracturation hydraulique. Demain, après-demain, on ne sait pas au juste quand mais ce qui est sûr c’est que c’est imminent », raconte à Algérie-Focus l’un des animateurs du mouvement anti-gaz de schiste. Il précise : « Les camions transportant ce matériel sont passés sans que la population ne les remarque. Ils ont certainement dû prendre des chemins dérobés, des raccourcis par des pistes pour échapper à notre contrôle et rouler de nuit ». Depuis l’émergence du mouvement,  des brigades de jeunes manifestants observent effectivement  les allées et venues sur la route menant au puits contrôlé par Halliburton afin de s’assurer que le matériel employé pour la fracturation hydraulique n’entre pas dans le site gazier.

Autre indice : Une délégation d’experts étrangers, chargée d’assurer les premières opérations de fracturation hydraulique en Algérie, d’après nos sources, s’est également rendue sur place ce dimanche, escortée par des forces de sécurité, indiquent des témoins oculaires.

« Bravo Mr. Sellal »

Des animateurs du mouvement populaire et écologique de la place Soumoud à In Salah, qui manifestent contre l’exploration du gaz de schiste à quelques kilomètres de leur ville depuis le 1er janvier dernier et réclament un moratoire sur la question énergétique, se disent désormais « impuissants ». « On va certainement manifester demain mais le dispositif sécuritaire est trop important pour qu’on arrive à changer la donne. Bravo monsieur Sellal, vous avait réussi quelque chose de grand », lâche sur un ton amer l’un des fondateurs du mouvement anti-gaz de schiste.