BATIGEC-Béjaïa: Sit-in des travailleurs demain devant le ministère de l’Habitat

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Les chantiers de la société de réalisation et promotion immobilière BATIGEC (société mixte dont 51% des actions sont détenues par l’Etat et les 49% restant par le privé) sont à l’arrêt dans la wilaya de Béjaïa. 160 employés de l’unité régionale de cette entreprise publique sont sans salaires depuis trois mois. Selon le président du Comité de wilaya de solidarité avec les travailleurs, l’employeur les a licenciés sans pour autant leur signifier cette décision par écrit. Des rumeurs laissent croire que l’entreprise est en phase de privatisation.

Les travailleurs de l’unité régionale de Bejaïa de la société de réalisation et promotion immobilière BATIGEC vont organiser, ce mercredi 8 avril, à 10h, un rassemblement de protestation devant le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, à Alger.

Les protestataires comptent ainsi dénoncer « le licenciement arbitraire de 160 travailleurs » et l’ « arrêt des travaux dans tous les chantiers attribués à l’entreprise au niveau de la wilaya », apprend-on auprès du président du Comité de wilaya de solidarité avec les travailleurs. « Les travaux dans les quatre chantiers, dont BATIGEC est chargée de la réalisation, sont à l’arrêt depuis maintenant trois mois. Les responsables  expliquaient ce stand-by par la situation financière critique de l’entreprise. Cette asphyxie serait due au non-recouvrement de ses créances d’un montant avoisinant les 14 milliards de centimes auprès des la direction de wilaya du logement. Les travailleurs ont alors déclenché un mouvement de protestation. Fin mars dernier, ils ont ainsi organisé un rassemblement de protestation trois jours d’affilé devant le siège de la wilaya. Selon, nos informations, la pression des ouvriers a permis à l’entreprise de percevoir son dû. Sauf que, les chantiers n’ont toujours pas repris et l’entreprise a mis fin à la relation de travail la liant aux employés prétextant la grève et la durée déterminée de leurs contrats », s’indigne M. Karim Bourdjioua. Et de préciser, que les 160 travailleurs cumulent pratiquement tous une dizaine d’années au sein de l’entreprise, qualifiant ainsi leur licenciement d’ « arbitraire ». Pire, ils, souligne-t-il, sont depuis trois mois sans salaires sans qu’ils n’aient reçu « aucun document officiel de leur employeur » leur clarifiant leur situtation.

Notre interlocuteur affirme qu’une rumeur court ces jours-ci sur une volonté de privatiser l’entreprise, ce qui expliquerait cette situation de blocage. « Certaines indiscrétions désigne M. Benhamadi, patron du groupe Condor, comme l’éventuel acquéreur de l’entreprise », croit savoir le M. Bourdjioua. Pour étayer ses dires, il soutient que « seule l’unité de Béjaïa (sur neuf au total, NDLR) connaît une telle situation, contrairement aux autres wilayas où BATIGEC poursuit la réalisation de ses chantiers ». Le président du Comité de solidarité avec les travailleurs estime, en outre, que « si privatisation doit y avoir, on doit sauvegarder ces emplois et maintenir les ouvriers actuels en leur poste ».

Et, justement, c’est pour sauver cette entreprise publique et sauvegarder les postes d’emploi que les travailleurs vont se déplacer demain à Alger pour interpeller le ministère de tutelle.

Nos tentatives de joindre les responsables de la wilaya concernés  et le DG de l’unité BATIGEC en question sont restées vaines. Le directeur de wilaya du logement (DLEP), selon le standardiste, n’a pas voulu communiqué au téléphone, tandis que la ligne fixe de l’unité régionale de BATIGEC est hors service.