Après l’Observatoire national contre l’islamophobie, c’est la Mosquée de Paris qui dénonce le dérapage du maire UMP de Nice (sud-est de la France), Christian Estrosi. L’ancien ministre de l’Industrie, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a déclaré dimanche que la France fait face à des « cinquièmes colonnes » islamistes.

Les portes-paroles de la communauté musulmane en France montent au créneau après les propos tenus par Christian Estrosi, maire de Nice et ancien vice-président du parti UMP. « Nous appelons instamment la classe politique à faire preuve de responsabilité républicaine en évitant l’amalgame entre la religion musulmane et l’idéologie islamiste, un amalgame source de toutes les confusions néfastes au vivre-ensemble », déclare ainsi Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, dans un communiqué parvenu à la rédaction, ce mercredi 29 avril. Réagissant aux graves accusations de l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Dalil Boubakeur affirme également que les » musulmans de France, dans leur immense majorité, sont profondément attachés à la Nation et défendent les valeurs de la République. Leur citoyenneté et leur loyauté ne peuvent être mises en doute ». Avant lui, le président de l’Observatoire national contre l’islamophobie, Abdallah Zekri, qui s’est dit « indigné » et « révolté », a dénoncé mardi 28 avril les propos « immondes et stigmatisant » de Christian Estrosi ».

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Dimanche, sur le plateau de France 3, Christian Estrosi avait laissé entendre que la France est menacée par « l’islamo-fascisme » et des « cinquièmes colonnes » islamistes. Interrogé sur l’attentat évité contre des églises en Ile-de-France, le candidat aux régionales en Provence Alpes Côte d’Azur (Paca), notamment face à Marion Maréchal-Le Pen (FN), nièce de Marine Le Pen, avait déclaré : « Oui les catholiques sont menacés » en France, ils sont « une cible ». Et d’ajouter : « la civilisation judéo-chrétienne dont nous sommes les héritiers est aujourd’hui menacée ».

« Troisième guerre mondiale »

Questionné sur son expression « islamo-fascisme », Chrisitan Estrosi n’y est pas allé de main morte. Selon lui, l’islmo-fascisme est présent en Irak et en Syrie, mais également ailleurs, notamment en France, à travers les cinquièmes colonnes et leurs réseaux infiltrés dans nos caves, dans nos garages, dans nos lieux clandestins ». Il enchaîne : « J’y vais fort, oui ! C’est une troisième guerre mondiale qui nous est déclarée ».

Cette polémique intervient alors que le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU (Cerd) a dénoncé mardi la « banalisation du discours haineux en France à l’égard des minorités ». Pour rappel, l’Observatoire contre l’islamophobie, composante du Conseil français du culte musulman (CFCM), a récemment annoncé une explosion des actes antimusulmans, au premier trimestre 2015, en France. L’Observatoire a recensé 222 actes antimusulmans, soit six fois plus que sur la même période de l’an dernier.