C’est désormais clair! Pour être ministre ou dirigeant en Algérie, il faut être résident en France. Pour devenir un haut responsable de l’Etat algérien, il faut faire preuve d’un parisianisme raffiné. Sans un appartement parisien et un compte blindé en Euros, il n’est pas question d’être nommé ministre. Il n’est pas de bon ton d’être ministre sans connaître le faste bourgeois du faubourg Saint-Honoré. Il n’est pas possible de devenir ministre si l’on ne connaît que la rue de Tanger et ses «misérables» boui-bouis.

 Abdessalem Bouchouareb, Chérif Rahmani, Amar Saïdani, Abdelghani Bouteflika, Mohamed Cherif Abbas, et une pléthore d’autres personnalités civiles et militaires ont, tous, un point commun : Ils résident en France, investissent dans l’immobilier parisien, entretiennent des fortunes cachées, mais dirigent un autre pays qui s’appelle… l’Algérie. Oui, des dirigeants qui misent totalement sur un autre pays que le leur. Des dirigeants qui se méfient tellement de leur population qu’ils préfèrent cacher leurs richesses sous les cieux rassurants de l’Hexagone. Et dire que tous ces hauts responsables cultivent un patriotisme ostentatoire, un nationalisme d’apparat et ne cessent de demander aux jeunes de croire en eux. Sauf que ces jeunes n’ont jamais connu le faubourg Saint-Honoré, cette rue rutilante où Abdelghani Bouteflika, le frère de notre Président, a trouvé un nid douillet et gracieux, inscrit à la longue liste des frasques du groupe Khalifa. Nos jeunes ne connaissent que les rues poisseuses de leur pays natal, comme la rue Tanger, où l’on vivote, se brouille et se débrouille. Une rue où les bâtisses, délaissées, menacent ruine. Des bâtissent où s’entassent des centaines de familles pauvres, abandonnées à leur triste sort, au moment où la somme astronomique de 50 milliards d’Euros est transférée illégalement et investie en France !

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Beaucoup de nos jeunes sont « incarcérés » dans des banlieues populaires où aucune infrastructure de loisir n’existe pour épancher leur soif de vie et de liberté. Ils vivent dans ces quartiers où la moindre petite pluie cause des inondations et transforment leurs cités en une « Venise » sale et boueuse. Ces jeunes-là, nos dirigeants s’adressent à eux une fois de retour de Paris, où ils ont quitté le confort de leurs appartements avec vue imprenable sur la Tour Eiffel ou les Champs-Elysées. Ces ministres, ces responsables du FLN ou du RND parlent à leur population une fois repus des délices de la fameuse gastronomie française. Ils se rappellent de l’existence de leur pays lorsque les prends le spleen que provoque le ciel gris de Paname.

Même Sellal, notre inénarrable Premier ministre, qui avait demandé à nos jeunes de rester en Algérie et de croire en leur pays, a envoyé sa fille Rym Sellal, qui a acheté récemment un luxueux appartement parisien dont la valeur dépasse les 800 mille euros, goûter au savoir-vivre de l’antique Lutèce. Soyons objectif : il est totalement du droit de Rym Sellal de posséder un appartement situé tout près des Champs-Elysées. Mais qu’elle nous explique au moins comment elle fait pour obtenir plus de 800 mille euros, alors que son âge ne dépasse pas encore les 30 ans. Monsieur Sellal, en tant que Premier ministre, il est de notre droit de vous exiger une transparence totale concernant la fortune de vos proches. Si votre fille a gagné honnêtement la sienne, nous nous ferons un devoir de saluer son mérite et de l’ériger en exemple.

Oui, un exemple, c’est, d’ailleurs, ce dont les Algériens ont le plus besoin. Ils ont besoin de dirigeants exemplaires qui leur disent la vérité, toute la vérité sur leurs biens. Ils ont besoin de dirigeants qui comprennent leurs attentes et leurs préoccupations. Ils ont besoin de dirigeants qui connaissent la précarité de la vie dans une rue comme celle de la rue de Tanger. Ils n’ont, surtout, pas besoin de ces dirigeants qui font leur jogging dans les paradisiaques jardins parisiens. Ils n’ont pas besoin de ces dirigeants qui leur parlent de patriotisme alors qu’ils sont les premiers à tourner le dos à la rue de Tanger et à ouvrir grands les bras au Faubourg Saint-Honoré…