Le caricaturiste Tahar Djehiche est poursuivi en justice pour « atteinte au président de la République » et « incitation à attroupement non armé », a-t-on appris auprès du mis en cause dans l’après-midi de ce jeudi 30 avril.

« Je suis passé en milieu de journée devant le procureur de la République auprès du tribunal de Lemghir (dans la wilaya d’El-Oued) qui m’a remis la convocation à mon procès programmé pour le 5 mai prochain », indique-t-il. Au cours de son audition, M. Djehiche affirme avoir maintenu ses déclarations faites lors de son interrogatoire au commissariat de police de la même ville le 20 de ce mois. Il a ainsi reconnu être l’auteur de la caricature objet de la plainte, tandis qu’il a nié les propos jugés « diffamatoires et humiliants » à l’encontre du chef de l’Etat, contenus dans ses écrits postés sur sa page Facebook. « J’ai réitéré au procureur que mon compte Facebook a été piraté plusieurs fois et mes écrits modifiés », explique-t-il.

Tout en s’indignant des atteintes répétées à la liberté d’expression, le caricaturiste regrette « le manque de soutien de la part de ses confrères, notamment ceux de la presse arabophone ». « Quand on harcèle et on traîne en justice un journaliste ou un citoyen pour avoir exprimé ses idées, c’est une grave atteinte à toute la corporation qui a payé un lourd tribut pour arracher ce droit. Tous les journalistes, voire tous les citoyens, devraient s’indigner et se solidariser, car la liberté d’expression est un droit consacré par la loi à tous les Algériens », estime-t-il, avec regret.

Le procès du caricaturiste aura lieu, faut-il le souligner, au lendemain de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse coïncidant avec le 3 mai de chaque année.