Une marche silencieuse de journalistes et correspondants de presse sera organisée dimanche 03 mai dans la wilaya de Bouira. Cette manifestation verra la participation d’un grand nombre d’hommes et de femmes de la presse, mais aussi de militants des droits de l’homme et de partis politiques.

Cette manifestation qui promet d’être grandiose sera organisée à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse. « Nous allons rendre hommage aux martyrs de la profession, qui ont donné leurs vies pour la liberté de la presse, mais aussi aux vivants, pour faire aboutir nos revendications et arracher nos droits », déclare Yahiaoui Yazid, secrétaire général de la section locale du Syndicat national des journalistes(SNJ), et chef du bureau local du quotidien ‘Le soir d’Algérie’, contacté par nos soins. « Nos revendications sont consensuelles, d’ordre national. Nous allons réclamer la liberté de la presse, la dignité du correspondant de presse et sa non-marginalisation, la non-rétention de l’information, et l’amélioration de ses conditions socio-professionnelles » ajoute-t-il. Les mots d’ordre de la manifestation, partagés par un grand nombre de journalistes au niveau national a fait « qu’un grand nombre de journalistes des wilayas limitrophes, telles Tizi Ouzou, Bejaia, Boumerdès et Alger se sont engagés à y participer. Il y a même des journalistes et correspondants de Bordj Bou Arreridj, Sétif, Oran et d’autres wilayas encore qui m’ont contacté et et ont exprimer leur souhait de participer à cette marche pour la liberté d’expression et le respect de la dignité des journalistes et des correspondants », affirme-t-il. Et d’ajouter: « Nous espérons une bonne réussite de la marche, et que nos revendications soient entendues ».

De son côté, Amar Fedjkhi, journaliste, chef du bureau du quotidien El Watan à Bouira, un des initiateurs de la marche, estime que cette initiative a eu l’adhésion de quasiment tous les journalistes locaux, « affiliés ou non à la section locale du SNJ ».  « Un grand nombre de journalistes exerçant dans les rédactions nationales et aussi des représentants de différents partis politiques et militants des droits de l’Homme se sont engagés à venir marcher à nos côtés, pour réclamer ensemble le respect de la dignité des correspondants, mais aussi et surtout pour la liberté de la presse et d’expression » se réjouit-il. Et de préciser que la marche débutera à 11h au niveau de l’ancienne gare routière de Bouira. Elle passera devant le tribunal de la ville et prendra fin devant le siège de la wilaya, où une déclaration sera lue. Une prise de parole est également programmée, affirme-t-il.

Meziane Abane, journaliste au quotidien El Watan, ne compte pas, lui aussi, rater « cet appel de nos confrères. » « En tant que jeune journaliste, je compte aller participer à cette marche pour dénoncer cette oppression inédite qui s’abat sur la presse libre de la part du ministre de la pub. » Pour Meziane Abane, cette vague d’oppression qui s’abat sur les journalistes, les militants et les voix libres fait suite aux injures d’Amara Benyounès qui jurait avant l’élection présidentielle d’en finir avec les voix discordantes ». « Je marcherai à Bouira pour dénoncer ces dépassement du pouvoir, dont j’ai été personnellement victime car j’ai failli être lynché dans la wilaya de Khenchela le jour de la dernière élection présidentielle. En hommage aux journalistes assassinés par l’islamisme, au défunt Belyardouh, journaliste d’El Watan à Tebessa poussé au suicide par la Mafia que lui-même a dénoncée, a Abdelhai Abdessami, journaliste à la radio locale de Tébessa et ex-correspondant du journal suspendu Jaridati, qui croupit en prison sans procès depuis plus de 19 mois. Aux journaux interdits dont le Matin, Algérie News, Jaridati et Mon Journal. Atlas Tv. En solidarité avec les correspondants et les journalistes délaissés. Une marche contre l’oppression exercée par le ministre de la pub contre certains titres dont El Watan et El Khabar. En solidarité avec l’équipe d’El Djazaïra Week-End et toutes les autres émissions arrêtées. En solidarité avec les chômeurs emprisonnés pour un post sur Facebook. Pour défendre la liberté de s’exprimer et surtout défendre l’indépendance de la presse et medias privés et rendre au peuple, sa presse et ses medias publics, subventionnés par l’argent du peuple », conclut-il.

 Arezki Ibersiene

Notez cet article