Notre pays traverses une "crise financière" très grave. La sonnette d'alarme est, cette fois, tirée par l'économiste et vice-président du Conseil national économique et social (CNES), Mustapha Mekidèche.

"On est dans une situation de crise financière qui non seulement se profile mais qui peut être mesurée", s'alarme le vice-président du CNES, qui s'est exprimé, ce jeudi 2 avril, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale. Pour M. Mekidèche, l'Algérie est au bord du gouffre et ne dispose que d'un laps de temps très court pour éviter l'irréparable. "Nous avons une fenêtre de tir de quatre ans pour pouvoir, à la fois faire, les réformes structurelles, développer notre production nationale, réindustrialiser (l'économie nationale) et dégager des quantités à l'export", avertit-il.

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Dépassé ce sursis, le pays pourrait revivre la cauchemar économique, social et politique des années 1990. Voire pire. "Si on ne le fait pas dans cette période, on aura des difficultés à la fois à équilibrer notre budget et à financer notre développement", prévient M. Mekidèche. A ce moment-là, "la seule voie, se projette-t-il, qui resterait serait d'aller à l'endettement." Un tel scénario est "le plus grave" de tous. Nous en avons fait l'expérience. "L'endettement, rappelle l'économiste, est une voie que nous avons déjà essayée et qui, prévient-il, peut amener de grave déséquilibres sociaux, politiques, voire structurels au pays."

Le vice-président du CNES estime ainsi qu' "on est dans un scénario où il va falloir aller au fond des choses et poser les vrais problèmes sans avoir de tabous." Il en est ainsi notamment des sommes considérables d'argent circulant en dehors du circuit formel et du dossier des transferts sociaux. L'économiste préconise ainsi, d'instaurer une sorte d’"amnistie fiscale " au profit des détenteurs de cette manne financière informelle, dont le montant s'élève à environ 3 700 milliards de dinars, soit près de 40 milliards de dollars selon l'estimation avancée très récemment par le Premier ministre. M. Mekidèche suggère également, entre autres, de revoir le système des "transferts sociaux" qui devrait bénéficier aux plus défavorisés.