Trois détenus algériens ont été exécutés, hier mardi, dans la prison de Nassiriyah, au sud de l’Irak. C’est du moins ce qu’affirme la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (Laddh) dans un communiqué rendu public ce mercredi 8 avril.

“Les milices du gouvernement (irakien) ont apparemment exécuté au moins 16 prisonniers à Nassiriyah, dans le sud de l’Irak, dont trois victimes sont algériennes, selon un court message de l’un des prisonniers algériens, reçu par Me Helmi Boubekeur  Seddik, SG de la Laddh Chlef“, indique l’organisation, qui “condamne fermement l’assassinat” et exprime, de nouveau, sa “profonde préoccupation” quant à la situation des détenus algériens dans les geôles irakiennes caractérisée par “des violations des droits de l’Homme”.

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Contacté à ce sujet, le secrétaire national de la Laddh, en charge de ce dossier, Me Houari Kaddour, dit que son organisation “ignore encore l’identité des trois prisonniers”.

Dans son communiqué, la Laddh rappelle, en outre, que plusieurs organisations internationales, dont Human Rights Watch, suivent de près “ce génocide dont sont victimes les prisonniers sunnites” et “appelle à la désignation d’une commission d’enquête internationale (ou un organisme de ce type) qui sera chargée d’examiner les allégations de violations graves du droit international relatif aux droits humains, commises par toutes les parties en conflit, à savoir les forces gouvernementales et milices pro-gouvernementales, d’une part, et l’organisation terroriste de l’Etat islamique (EI), d’autre part”. L’objectif de cette enquête internationale est d'”établir, précise la Laddh, les faits et identifier les responsables des violations graves en vue de les traduire en justice”.

La Laddh met ainsi en avant le travail de longue haleine effectué par son secrétaire national chargé  des dossiers  spécialisés, dont “le dernier rapport a été publie le 14 janvier 2015″, relatif à “un prisonnier algérien condamné à mort et dont le sort demeure inconnu.”  Et d’alerter l'”opinion nationale et internationale”, car, argue-t-elle,  “le gouvernement irakien a (déjà) exécuté la peine de mort contre un certain nombre de prisonniers par le passé, dont l’Algérien Abdullah Belhadi, originaire de Oued Souf, en Octobre 2012.”

La Laddh affirme que “Me Kaddour est en contact permanent avec les détenus algériens en Irak et leurs familles” et qu’elle a pu recenser ” jusqu’à la fin du mois de mars dernier, 12 détenus algériens qui croupissent encore dans les prisons irakiennes”, tout en estimant que “ce nombre est bien plus important” dans la réalité.

“Dans ce contexte, affirme-t-on dans le communiqué, la Laddh continue sa mission de pression sur les autorités algériennes et irakiennes pour parvenir à de vraies solutions définitives qui mettront fin aux souffrances des prisonniers algériens en Irak.” Ces derniers, d’après le même document sont issus des wilayas de  Chlef, Bordj Bou-Arréridj, Msila, Alger et Tiaret. “La laddh a reçu, hier 7 avril 2015, plusieurs appels téléphoniques des familles de ces détenus qui risquent d’être exécutés” et elles “envisagent de monter au créneau et entamer une grève de la faim devant le ministère des Affaires étrangères sous le slogan: ‘Sauvez nos enfants!”, conclut-on.

A souligner que nous avons tenté de joindre le MAE, mais en vain.