Les attaques subies ces derniers temps par le ministre du Commerce, Amara Benyounès, pour cause d’instruction levant les restrictions administratives sur la vente de gros de boissons alcoolisées met en lumière, à nouveau, le discours inquisiteur qui prend racine dans la société de manière de plus en plus insistante. Et le «gel» de la décision du ministre du Commerce par le Premier ministre est un nouveau gage donné aux conservateurs inquisiteurs qui se voient ainsi confortés dans leur quête d’imposer leur idéologie obscurantiste aux Algériens.

Ce cas n’est malheureusement pas isolé. Chaque jour, les islamo-conservateurs gagnent du terrain sous le regard « complice » des autorités. Et les exemples ne manquent pas. Ici, c’est un illuminé qui disserte, dans un bus archicomble, sur les « dangers » des femmes qui travaillent. Là, c’est un harcèlement sexuel que le policier préfère imputer à la dame qui ne porte pas le hidjab. Ailleurs, ce sont des prêches incendiaires d’imams officiels contre les femmes qui ne s’habillent pas comme ils souhaitent. Le tout se déroule dans l’impunité la plus totale.

Ces comportements rappellent étrangement le climat qui avait précédé les victoires électorales du Front islamique du salut (FIS), dissous. Le langage inquisiteur, qui voulait imposer « de nouvelles habitudes alimentaires et vestimentaires aux Algériens », comme le répétaient à satiété les dirigeants de ce parti intégriste. Les provocations en question avaient conduit, faut-il le rappeler, à la violence des années 1990. Et rien ne dit aujourd’hui que nous sommes à l’abri de la réédition de cette folie.

Pour l’heure, les réponses du courant moderniste et progressiste (ou ce qui en reste) sont timides. Quand à l’Etat, il est tout bonnement absent, sinon complice, à travers le comportement de certains agents qui sont censés le représenter.

Essaïd Wakli

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