Le très controversé et tant attendu, du moins par les partis au pouvoir et ceux qui gravitent autour, chantier de révision constitutionnelle commence à livrer ses secrets.

En effet, le président de l’Assemblée nationale (APN), Larbi Ould Khelifa, s’est exprimé sur la question, hier soir lors de son passage sur les plateaux de l’ENTV. Le troisième personnage de l’Etat a ainsi indiqué, en somme, que la nouvelle constitution consacrera le principe de séparation des pouvoirs ainsi que le remplacement du poste de Premier ministre par celui de chef de gouvernement, une nouvelle vieille disposition en somme. Conformément aux dispositions introduites  dans le nouveau texte, celui-ci sera issu du parti majoritaire au Parlement. Se référant aux « démocraties avancées », le président de l’APN a souligné que cette mesure vise à responsabiliser le gouvernement qui sera, désormais, comptable de sa politique devant les élus du peuple. L’invité de l’ENTV n’a toutefois pas donné plus de détails sur les mécanismes introduits dans le nouveau texte à même de garantir cette « séparation des pouvoirs » tant revendiquée par l’opposition politique nationale.

M. Ould Khelifa a, en outre, déclaré avoir reçu le document « depuis 15 jours »  et que sa mouture actuelle pourrait être « l’avant dernière version de la prochaine constitution. Avant-dernière car, a-t-il argumenté, le président de la République n’a pas encore dit son « dernier mot ». Le feu vert du premier magistrat du pays ne saurait toutefois tarder puisque Ould Khelifa a affirmé que le document sera dévoilé dans « un avenir très proche ».

La révision constitutionnelle, faut-il le rappeler, est une promesse du président Bouteflika vieille de…quatre. Elle remonte à avril 2011. Dans un premier temps, les consultations autour de ce chantier présidentiel phare avaient été menées par Abdelkader Bensalah, président du Sénat, avant d’être remplacé par Ahmed Ouyahia, ancien Premier ministre et actuel directeur de cabinet à la présidence de la République. Boudées par pratiquement toute l’opposition, ces tractations qui n’ont que trop duré, ont viré au fiasco. A tel point que la présidence a jeté son dévolu sur un ex-chef terroriste, Madani Mesrag en l’occurrence, pour se prononcer sur les amendements à y introduire jetant ainsi l’opprobre et le discrédit sur la future loi suprême du pays.