L’Algérie célèbre, cette année, la journée mondiale de la liberté de la presse dans des conditions particulières.

Et si les méthodes ont changé, la répression du système reste la même. Et les discours du pouvoir rassurant quand à « une liberté totale » de la presse en Algérie ne résiste pas face à la réalité des faits : en pleine commémoration de la journée de « la liberté d’expression », des Algériens, y compris des responsables politiques, ont été empêchés de s’exprimer. C’est ce qui vient de se passer, par exemple, à Alger, avec une délégation du FFS qui n’a pourtant fait que déposer une gerbe de fleurs en hommage aux journalistes tués durant la décennie noire.

La célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse survient, en Algérie, sous ses mauvais atours. Une émission de télévision a été arrêté parce que ses animateurs « osent », une chaîne de télévision privée, Al Atlas, a été carrément fermée et des journaux subissent le diktat de la publicité, y compris celle qui émane des annonceurs privés, pour attenter à leur liberté.

Hamid Grine, apparemment nommé pour mâter la presse, exécute bien sa mission, pour l’instant. Il a lancé une croisade contre tout ce qui peut apparaître comme un signe de liberté et les résultats sont là : la surface des libertés se rétrécit comme peau de chagrin. Et les médias qui gardent encore un esprit critique sont pourfendus de partout et désignés comme des ennemis à abattre.

Pour achever le tout, le pouvoir algérien est entrain de préparer une nouvelle loi sur la publicité qui ne diffère pas de la situation actuelle. Elle va compléter le dispositif répressif mis en place par le pouvoir. Elle va venir donc ajouter une couche à l’autocratie ambiante.

Et rien n’indique que la situation changera dans les prochains mois, voire les prochaines années. Il s’agit d’entendre le discours du pouvoir pour s’en rendre compte. Et ce n’est pas le « prix du président de la République pour le journaliste professionnel » qui va changer la donne.

Essaïd Wakli

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