Grande-poste-algerie
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Après le président du Syndicat national autonome des postiers (SNAP), c’est au tour d’un autre membre fondateur de subir, encore une fois, les foudres de la direction d’Algérie Poste. Cette fois, c’est le porte-parole du SNAP, Ammar Khodja Tarek, qui vient de recevoir la notification du maintien par la commission des recours de la décision de licenciement prononcée à son encontre par la commission de discipline de la direction de l’unité postale à laquelle il était rattaché.

« Je vous informe que la commission de recours, en sa séance du 15/04/2014 statuant sur votre cas, a maintenu la décision de licenciement sans délai de congé ni indemnités prononcée par la commission de discipline de la DUPW (direction de l’unité postale de wilaya, NDLR) Alger-Est en date du 09/07/2014 », lit-on dans le document en question, datant du 28 avril dernier et signé par le directeur de ladite unité.

Contacté par nos soins, le porte-parole du SNAP dénonce « un licenciement arbitraire ». « Lors de mon passage devant la commission des recours, j’ai été surpris de trouver à sa tête le directeur de l’audit d’Algérie Poste, c’est à dire la même personne qui était à l’origine de ma suspension, puis de mon licenciement. En fait, il s’était déjà présenté dans le bureau de poste de Dar-El-Beïda où je travaillais et m’avait menacé de me pourrir la vie, en raison de mon activisme syndicale. D’ailleurs, lors de mon audition par cette commission, il s’est permis de déformer mes propos en les interprétant aux autres membres comme il l’entendait, après avoir lu mon recours. Pire, à défaut d’une faute professionnelle avérée à me reprocher, les griefs soulevés par les membres de la commission à mon encontre ont tous trait à la création d’un syndicat autonome, ce qu’ils n’ont pas hésité à assimiler à une volonté de semer le trouble dans le pays », s’indigne M. Ammar Khodja, qui rejette la légitimité et surtout la légalité de cette commission. « Le règlement intérieur d’Algérie Poste accorde un délai ne dépassant pas trois mois pour répondre à une demande de recours. Or, dans mon cas, je n’ai eu la réponse qu’au bout de huit mois », explique-t-il.

Tout comme Mourad Nekkache, président du SNAP, lui aussi sous le coup de la même sentence depuis quelques semaines déjà, Ammar Khodja compte, à son tour, recourir à la justice. Selon eux, le dossier est déjà entre les mains d’un avocat qui va engager la procédure « incessamment ».

A noter que la direction d’Algérie Poste accuse ces leaders syndicaux de “manœuvres et tentatives de compromission, d’intimidation, de diffamation ou de provocation”, d’ ”entrave à la liberté de travail” et d’”atteinte aux intérêts moraux et matériels de l’établissement”. Il leur est également reproché une “incitation répétée au désordre sur les lieux de travail, en vue de perturber le bon fonctionnement de l’établissement et pour les motifs incompatibles avec l’exercice des droits syndicaux légalement reconnus.”

Nombre d’observateurs et de militants ont dénoncé, faut-il le souligner, des actes de « représailles » et « une campagne de répression » contre ces syndicalistes autonomes. Des organisations syndicales et de défense des droits de l’Homme, nationales et étrangères, ont également affiché leur soutien au SNAP, qui attend la délivrance par le ministère du Travail du récépissé d’enregistrement de son dossier depuis bientôt trois longues années.