La nomination de Djamel Kaouane comme directeur général de l’Agence nationale d’édition et de publicité (ANEP) est une conséquence de l’influence, sans cesse grandissante, qu’exerce depuis plusieurs mois, voire des années, l’homme d’Affaires, Ali Haddad.

En effet, avant d’être nommé à la tête de l’organisme public qui s’occupe de la gestion de la publicité publique, Djamel Kaouane était pendant longtemps le directeur de la publication du journal Le Temps d’Algérie, appartenant au président du FCE.

Le paradoxe dans cette affaire est que pendant que Kaouane était directeur du Temps d’Algérie, les deux journaux de Ali Haddad n’ont pas particulièrement brillé par une abondance de la publicité publique. Pis, à un certain moment, la version arabophone, Waqt El djazaïr, était carrément privée de pub publique.

Certaines sources indiquent que la nomination de Djamel Kaouane à la tête de l’ANEP vise à faire d’une pierre deux coups. D’une part, cela permet à l’homme d’affaires de se débarrasser d’un directeur encombrant. Car, susurre-t-on dans les cercles initiés, lorsque les autorités avaient consenti à octroyer des agrément aux journaux de Haddad, elles avaient pris le soin de lui imposer un directeur qui allait être le garant d’une ligne éditoriale bienveillante. Il s’agit de Djamel Kaouane.

D’autre part, la nomination de Kaouane, qui fut pendant de longues années rédacteur en chef du journal gouvernemental El-Moudjahid, représente une garantie pour les autorités de garder main basse sur cet outil de pression sur les journaux qui est l’ANEP. C’est en effet cette manne qu’utilise le pouvoir pour arroser les journaux qui acceptent de servir docilement la propagande officielle.

L’homme n’étant pas connu pour être champion dans l’art de faire bouger les lignes, il est donc exclu qu’il change quoi que ce soit. Il va donc maintenir le statu quo. Et c’est ce que veulent ceux qui l’ont nommé.

Essaïd Wakli

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