Algeria's Interior Minister Noureddine Yazid Zerhouni announces President Abdelaziz Bouteflika's victory to the media at a hotel in Algiers April 10, 2009. President Bouteflika won 90.24 percent of the vote in a presidential election, officials said on Friday, extending his hold over Algeria, an oil producer with a lingering Islamist insurgency. REUTERS/Louafi Larbi (ALGERIA POLITICS ELECTIONS HEADSHOT)

La présence de Noureddine Yazid Zerhouni à l’ouverture ce samedi 30 mai à Souk Ahras du colloque international sur Apulée de Madaure, organisé par le Haut-commissariat à l’amazighité (HCA), a semé la controverse et l’indignation parmi le public, composé majoritairement d’acteurs et d’intervenants dans le domaine identitaire.

La nouvelle a fait le tour de la salle des conférences Tahri Miloud avant même l’ouverture officielle de l’événement. Un tohu-bohu général s’est emparé aussitôt des participants, notamment ceux venus de Kabylie, qui ont crié au scandale. Ils qualifient « l’intrusion » de l’ex-ministre de l’Intérieur pendant le Printemps noir de « manœuvre sciemment réfléchie par le système dans le but de remuer le couteau dans la plaie encore béante laissée par l’assassinat de 128 jeunes kabyles et des milliers de blessés ».

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« Le sang de ces martyrs de la démocratie n’a pas encore séché et le ministre de l’Intérieur de l’époque, qui les a qualifiés de voyous, choisit un événement lié directement à ce déni identitaire contre lequel lesdites victimes se sont sacrifiées, de surcroît organisée par une institution arrachée de haute lutte, pour refaire son apparition. Comment pourrait-on qualifier autrement une telle manœuvre, si ce n’est de provocation pure et dure ? », s’indigne un participant, venu de Tizi-Ouzou,  intervenant dans le domaine de tamazight.

D’autres participants, issus de la même région, n’ont pas manqué de relever « l’affront et l’humiliation que nous a fait subir le SG du HCA, M. Assad, en adressant ses remerciements, au cours de son allocution d’ouverture, à Zerhouni (sans toutefois citer son nom, en se contentant juste de sa fonction de ‘ministre d’Etat’, NDLR ».

Les plus radicaux accusent le SG du HCA de « haute trahison ». « « Au lieu d’inviter tous les participants à observer une minute de silence à la mémoire des victimes de la cause identitaire, M. Assad a préféré rendre hommage à Zerhouni. Il a donc rendu hommage aux bourreaux et s’est rendu complice de l’impunité dont jouissent, à ce jour, les commanditaires des assassinats de nos jeunes. C’est de la haute trahison », accuse un enseignant de tamazight.

Son camarade enchîne : « M. Assad a trahi le combat et insulté la mémoire de tous les militants de la cause identitaire qui ont payé un lourd tribut pour que l’institution qu’il préside existe. Il aurait dû quitter la salle et renoncer à son allocution pour manifester sa colère face à la présence de Zerhouni. Il aurait ainsi rendu un grand hommage à tous les martyrs de la démocratie. »