Une enquête internationale conclue qu’en Algérie, une majorité de citoyens ne seraient pas favorables à la limitation des mandats présidentielles. En effet, le consortium d’instituts de sondages Afrobarometer a révélé dans une enquête réalisée à l’échelle africaine que l’Algérie est le seul pays africain couvert par son enquête où les populations favorables à la limitation sont minoritaires: 44% des Algériens seulement y seraient favorables ! 

Et pourtant, nous apprend ce même sondage, 73% des Africains seraient favorables à une limitation à deux du nombre de mandats présidentiels. La majorité des sondés dans plusieurs pays africains comme le  Bénin (90%), en Tanzanie (87%), en Côte d’Ivoire (86%), en Zambie (86%), au Mali (85%) et la Guinée (84%), seraient favorables à la limitation des mandats présidentiels. Pourquoi les Algériens feraient-ils donc exception ? Difficile de répondre à cette question.

Quoi qu’il en soit, les résultats d’un sondage ne reflètent pas forcément la vérité du terrain. En plus, dans de nombreux pays dits « démocratiques », la limitation des mandats présidentiels n’existe pas. En France, par exemple, un pays d’une grande tradition démocratique, la limitation des mandats présidentiels n’existe que depuis 2008. Cela signifie-t-il pour autant que la France n’était pas une démocratie avant cette date ? Certainement pas.

Il est à souligner que l’Afrobarometer est le fruit d’un partenariat réunissant les Michigan State University (MSU), Institute for Democracy in South Africa (IDASA) et le Center for Democratic Development in Ghana (CDD-Ghana). Rien n’indique, jusqu’à maintenant, que ces institutions ont réussi à cerner la réalité algérienne. En tout cas, les résultats de ce sondage ne manquera de soulever nombreuse suspicions. Car, parmi, les organisations qui financent Afrobarometer, auteur de l’enquête, on retrouve USAID, une agence américaine connu pour son financement de mouvements d’oppositions chargés de déstabiliser des Etats considérés comme indociles, tels le Venezuela et la Bolivie.  Cette enquête peut, néanmoins, servir à lancer un débat national sur l’implication du citoyen algérien dans le processus démocratique.

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