Les redresseurs du FLN accusent Amar Saïdani de vouloir organiser « un congrès sur mesure ». C’est ce qui ressort d’une conférence de presse animée notamment par Salah Goudjil, lundi à Alger.

«Après l’avoir squatté d’une manière flagrante en dépit d’un arrêt du Conseil d’Etat, ont l’air de ne pas s’en inquiéter et pratiquent la politique de la fuite en avant au point qu’ils ont décidé, contre toute attente, de tenir en quelques jours, au lieu de six à douze mois en temps normal, un congrès sur mesure qui rassemblerait plus de 5 000 personnes venant de différents horizons et ce, dans le but de faire main basse sur le parti», indique ainsi le sénateur, qui ajoutera que «le FLN se trouve à la croisée des chemins : ou bien il est redressé rapidement pour revenir à ses véritables militants et à sa mission originelle au service du pays en contribuant à son développement, ou bien il disparaît dans le fracas avec toutes les conséquences qui en découleraient». «Le parti du FLN s’enlise dans la crise multidimensionnelle qu’il connaît depuis des mois. Ses militants, ses cadres et ses sympathisants en souffrent et même l’opinion publique s’y intéresse et s’en inquiète», constate-t-il encore.

Dans un communiqué signé par l’ancien ministre des Transports, Salah Goudjil, les redresseurs du FLN s’en remettent au chef de l’Etat. « Les membres du Comité Central concernés se tournent vers leur président, le président Abdelaziz Bouteflika, pour attirer son attention sur le grave danger que court son parti, auquel il n’a cessé d’appartenir depuis sa prime jeunesse, dans le meilleur et dans le pire », écrivent-ils dans un communiqué rendu public.

Amar Saïdani a annoncé la tenue, le 30 mai, du congrès du FLN. Les redresseurs ont introduit un référé pour faire invalider le congrès. Le tribunal rendra son verdict ce mercredi. Mais des déclarations émanant notamment de l’ancien ministre de l’intérieur, Tayeb Belaïz, laissent croire que le jugement sera prononcé en faveur de Saâdani.

 Essaïd Wakli