C’est la confusion totale dans la diplomatie algérienne. La présidence de la République a tenté, aujourd’hui, de «clarifier» les choses pour ce qui est des attributions de ce qui est appelés les deux chefs de la diplomatie algérienne.

Il est surtout question de faire de Ramtane Lamamra le seul et unique chef de la diplomatie. En effet, dans un communiqué rendu public, cet après-midi, la présidence de la République indique qu’«Abdelaziz Bouteflika, président de la République, a pris ce jour un décret présidentiel relatif aux nominations ci-après : M. Ramtane Lamamra est nommé ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale ; Abdelkader Messahel est nommé ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de Ligue Arabe».

Dans le remaniement de jeudi dernier, Lamamra n’était que «ministre des Affaires étrangères» et n’avait pas le statut de «ministre d’Etat». Il n’avait pas non plus dans ses attributions la «coopération internationale». Celle-ci était dévolue Abdelkader Messahel qui était, d’après le remaniement de jeudi, «ministre des Affaires maghrébines et africaines et de la Coopération internationale». Aujourd’hui, celui-ci est «ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de Ligue Arabe». Il est clair que Messahel a perdu du «terrain» en faveur de Lamamra qui «reprend» ainsi ses attributions.

A noter, en outre, que dans le communiqué d’aujourd’hui, la présidence a également décidé de nommer l’ancien ministre de l’énergie, Youcef Yousfi, en tant que ministre conseiller auprès du président de la République, chargé des questions de l’énergie.

Ainsi, le sommet du bricolage vient d’être atteint, clochardisant totalement et les institutions de la République et la communication officielle. Cet incroyable cafouillage met en relief  et de manière spectaculaire le peu de culture d’Etat qui caractérise le régime algérien.

 Elyas Nour

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