Menacée de licenciement immédiat, la journaliste de la Radio Chaîne 3 Souhila Benali n'était pas aux commandes du Café Presse Politique de "RadioM", ce jeudi 14 mai. Son employeur lui reprocherait le ton libre qu'elle adopte au micro de la webradio rattachée au journal électronique "Maghreb Emergent".

Pour la première fois depuis son lancement, en février 2014, le Café Presse Politique n'était pas animé ce jeudi 14 mai par Souhila Benali. La journaliste Radio Chaîne 3 a été contrainte de renoncer à sa participation au talk hebdomadaire de décryptage de l'actualité politique, diffusé chaque jeudi sur la webradio "RadioM", suite aux menaces de licenciement formulées par son employeur. La journaliste émérite de la radio publique a reçu mardi une notification par écrit lui signifiant qu'elle a commis une faute de catégorie 4 passible d'un licenciement immédiat.

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Officiellement, la Radio nationale reproche à la journaliste de travailler pour un concurrent sans avoir reçu au préalable d'autorisation du directeur général, comme le stipule le règlement du groupe médiatique public. Or, Souhila Benali officiait sur "RadioM" à titre bénévole ce qui n'est pas interdit par le règlement, fait-elle remarquer. "Beaucoup de journalistes à la Radio nationale travaillent pour d'autres médias, parfois étrangers, et sont rémunérés sans être inquiétés par la direction tandis que moi je suis menacée d'un licenciement immédiat alors que je collabore bénévolement avec "RadioM"", s'étonne la journaliste, contactée par nos soins ce jeudi 14 mai.

Employée depuis plus de 23 ans à la Radio nationale, l'ex-présentatrice de journaux, aujourd'hui grand reporter à la Chaîne 3, est en réalité inquiétée depuis plusieurs mois pour sa présence sur les ondes de "RadioM". Interpellée à plusieurs reprises par courrier en 2014, la journaliste a expliqué que sa situation et sa participation a été tolérée jusqu'à ce que la direction de ce média public revienne brutalement à la charge cette semaine. Sur la Chaîne 3, Souhila Benali raconte également trouver des difficultés pour diffuser ses reportages.

Selon des sources concordantes, la Radio nationale pénaliserait la journaliste pour le ton libre et le caractère indépendant du Café Presse Politique. Si l'animatrice du talk hebdomadaire de "RadioM" suspend sa participation, elle dit ne pas vouloir renoncer définitivement à cette émission. "Pour le moment, je ne suis plus dans l'émission, je ne sais pas encore quand et si je peux reprendre. Mais je ne compte pas laisser tomber le Café Presse Politique", confie encore Souhila Benali.