Le leader de Nida El Watan (Appel de La Patrie), parti politique en voie de constitution, Ali Benouari, dénonce une violation du droit à l’exercice politique, qui vient se greffer à une longue liste d’actes de transgression de la loi en la matière au passif de l’administration.

« En violation de la loi et de la Constitution, l’administration du ministère de l’Intérieur m’empêche de déposer le dossier d’agrément de mon parti, Nida El Watan », s’indigne-t-il dans un communiqué rendu public hier mercredi. Et le candidat à la candidature à la présidentielle d’avril 2014 de relater: « La procédure en vigueur consiste à demander un rendez-vous par contact téléphonique, afin de se voir fixer une date pour le dépôt du dossier d’agrément. J’essaie en vain, depuis le 29 Mars 2015, d’obtenir ce rendez-vous. Le standard du ministère me passe le service en charge des partis politiques, mais le téléphone sonne dans le vide. Même la demande par fax, adressée au ministère le 31 Mars 2015, est restée sans réponse. J’ai tout essayé, y compris un appel par le canal de la chaîne TV El-Djazairia. » M. Benouari se dit ainsi victime d’ « une entrave d’un genre inédit » qui « vient cependant s’ajouter aux nombreux dysfonctionnements de la chaîne administrative, auxquels les citoyens algériens sont confrontés depuis longtemps ».

L’ex-ministre du Trésor sous le gouvernement Ghozali, ne compte toutefois pas baisser les bras. « Je ne me résigne pourtant pas », défie-t-il. Sa détermination, M. Benouari la puise chez les « milliers d’algériens qui ont foi dans les idées et le programme que j’ai présentés lors de ma candidature à la dernière élection présidentielle, je me dois d’insister, quitte à prendre à témoin l’opinion publique, par tous les canaux possibles. » Pour lui, « au delà du cas Ali Benouari, ce nouveau type de comportement renseigne sur l’état d’esprit de ceux qui nous gouvernent. »

Inscrivant cette « nouvelle entrave dans l’exercice d’un droit constitutionnel » dans son contexte, le leader de Nida El Watan note que « ce silence de l’administration survient au moment même où l’Etat accepte de recevoir 10 millions d’euros de l’Union Européenne pour améliorer sa gouvernance. » Il ne peut, d’ailleurs, pas s’empêcher de  « signaler que la bonne gouvernance commence par une administration à l’écoute des citoyens et capable de répondre à leurs appels téléphoniques ». « Alors que l’administration algérienne refuse d’accomplir des actes simples, qui ne lui coûtent pas un euro, comment nous convaincre que l’argent fourni par l’Union européenne pourrait améliorer les choses? », s’interroge-t-il.

Innocentant « les fonctionnaires, qui « ne sont pas, certes, les vrais responsables », M. Benouari situe la responsabilité de cette transgression de la loi au sommet de la hiérarchie. « Les vrais responsables, accuse-t-il, sont ceux qui ont donné des consignes et rendu une ligne téléphonique officielle ‘aphone’ sonnant dans le vide. » Lesquels responsables sont, aux yeux de M. Benouari, coupale d' »une entrave politique caractérisée » en instrumentalisant « une administration aux ordres ». Ce qui constitue, s’indigne-t-il, « une arme lâche contre laquelle on n’a aucun recours. »  « Sauf celui de dénoncer publiquement le procédé », nuance M. Benouari, qui exhorte donc la presse à faire l’écho « de cette souffrance de basse intensité, mais toujours présente, transformant quelquefois des démarches qui pourraient durer 15 minutes en journée entière d’attente, et souvent en va-et-vient incessant, signes d’incapacité et d’arbitraire. » Et de conclure: « Cette inertie administrative aggrave encore le vide politique et les insuffisances de la vie démocratique en Algérie.« 

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