«Pourquoi les femmes voilées n’ont pas leur place dans le gouvernement ?», s’interroge Naïma Salhi, la présidente du Parti de l’équité et de la proclamation (PEP), un parti d’obédience islamiste, dans une déclaration accordée au site Internet de la chaîne El Watan TV. Pour la présidente du PEP, la stigmatisation de la femme voilée dans la vie politique est un fait qui mérite d’être dénoncé « car le hidjab est considéré comme un habit assimilé au terrorisme ».

Dans sa déclaration accordée, le 18 mai dernier, au site El Watan Media, Naima Salhi, la présidente du Parti de l’équité et de la proclamation (PEP), un parti d’obédience islamiste, ne mâche pas ses mots. Elle s’attaque au gouvernement et au système, en affirmant que les remaniements ministériels en Algérie ne sont aucunement justifiés. Elle souligne également que la représentativité de la femme dans le gouvernement ne se fait pas en fonction des compétences et de la productivité de cette dernière, mais sur la base de calculs purement « politiques ».

La présidente du PEP n’a pas manqué de souligner les contraintes face auxquelles sont livrées les femmes politiques voilées qui ne peuvent aspirer à accéder à un poste ministériel et ce, en raison des préjugés qui entourent le port du voile, souvent assimilé à l’intégrisme et au terrorisme.  «Pour des considérations politiques, accepter qu’une femme voilée devienne ministre est impossible en Algérie. Ces femmes sont victimes de l’égoïsme des hommes », souligne-t-elle.

Naïma Salhi a, par ailleurs, affirmé qu’il était impossible d’évoquer « le rajeunissement » du gouvernement algérien sur la base de la nomination d’une jeune ministre, âgée de 36 ans, à la tête du ministère de la Poste et des technologies de l’information et de la communication.

Nourhane S.