En quelques semaines, le gouvernement de Abdelmalek Sellal a opéré trois dangereux retours en arrière. Ainsi, après avoir fait marche arrière sur les conditions de commercialisation des véhicules neufs, le pouvoir algérien a donné, ce lundi, une pathétique image d’incohérence. Après avoir nommé deux ministres en charge de la diplomatie, Abdelaziz Bouteflika est revenu sur sa décision et pond un communiqué où il corrige le tir. Il donne à Ramtane Lamamra le statut de ministre d’Etat et le conforte dans ses missions. Mais il garde, en même temps le statut de ministre à Abdelkader Messahel.

Au-delà de ce jeu de chaises musicales, c’est donc la crédibilité du pays qui est en jeu. Le pouvoir a donc lancé un mauvais signal aux partenaires étrangers de l’Algérie. En nommant deux ministres en charge des relations extérieures, Abdelaziz Bouteflika confirme que le pouvoir algérien n’est pas sérieux et qu’il agit souvent dans l’urgence, sans réflexion.

Mais cette boutade n’est pas la seule. La veille de cette reculade, le gouvernement a opéré un revirement spectaculaire à propos notamment du nouveau cahier des charges exigé des concessionnaires automobiles. Après avoir publié, dans le journal officiel, un décret portant sur les caractéristiques que doivent avoir les véhicules commercialisés en Algérie, le ministère de l’Industrie recule. Il revient en arrière et concède des espaces aux concessionnaires automobiles.

Avant cela, le Premier ministre a décidé, en avril, de geler une note du ministre du Commerce supprimant l’exigence faite aux grossistes en boissons alcoolisées de se soumettre à une autorisation administrative. L’intervention de Sellal a été interprétée comme un ‘signe d’apaisement’. Mais la pilule n’a pas pu passer. Dans d’autres occasions, les pressions des milieux mafieux avaient même coûté sa place à Ahmed Ouyahia lorsqu’il voulait imposer le paiement par chèque des transactions dont la valeur dépassait 50 000 DA. Et la série continue !

Essaïd Wakli

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