L’allocution du secrétaire général du Haut-commissariat à l’amazighité (HCA), M. Si El Hachemi Assad, à l’ouverture ce samedi 30 mai à Souk Ahras du Colloque international sur Apulée de Madaure (actuelle Mdaourouch), a laissé pantois nombre de participants, aussi bien parmi le public que chez certains membres de cette institution.

Et pour cause, son discours a été fait quasi-exclusivement en arabe. Pas même un « azul » au tout début de son intervention. Ce salut kabyle, dont certains intervenants étrangers, objet du colloque oblige, efforceront à prononcer au cours de leurs interventions, n’est sorti de la bouche de Si El Hachemi qu’au bout d’un bon laps de temps consacré à la lecture de son discours rédigé en arabe. L’intermède amazighophone du SG du HCA n’a toutefois duré que quelques petites minutes, l’intervenant ayant vite repris la lecture de son document.

« La promotion de l’identité amazighe est la raison d’être du HCA. M. Assad devrait donner l’exemple et faire preuve de militantisme en prononçant son discours en tamazight. Hélas ! Cela n’a pas été le cas », s’indigne un participant à ce colloque organisé par le HCA. Et de caricaturer cette scène : « Comme si on organisait un colloque sur Shakespeare en Angleterre et on ne prononçait aucun mot en anglais. »

Un autre participant s’en offusque : « C’est une grave dérive de la part du premier responsable de l’institution censée vulgariser l’identité berbère et, de surcroît, organisatrice de cet événement dont l’objectif ainsi que les thèmes visent à se réapproprier ce penseur universel et affirmer sa berbérité. »

Aux yeux de nos nombreux interlocuteurs indignés « rien ne saurait justifier » un tel choix. Pour les plus compréhensifs d’entre eux, «à la rigueur, en guise de respect au public arabophone, M. Assad aurait pu prononcer la moitié de son discours en tamazight, et l’autre moitié en arabe. Mais, regrettent-ils, ne consacrer que deux mots à tamazight au milieu de son discours et omettre azul, c’est inadmissible ».

Si quelques-uns parmi eux n’arrivent pas à s’expliquer les motivations d’une telle démarche, d’autre, par contre, soupçonnent carrément « un choix délibéré du SG du HCA, dicté par des calculs politiciens». « Il (M. Assad) ne voulait pas froisser le ministre de la Culture, présent dans la salle ».

C’est ce dernier, M. Mihoubi en l’occurrence, connu pour être un fervent arabisant, qui a, effectivement donné le coup d’envoi officiel de ce colloque. Mais contrairement à Si El Hachemi, M. Mihoubi, en fin politicien, n’a pas omis de lancer azul juste après un salam alïkoum introductif, avant d’entamer son allocution. Il s’est même donné, par la suite, de la peine à lire, non sans difficultés, un discours en français « en guise de respect, a-t-il souligné, à nos invités étrangers ». L’ex-président du Haut conseil de la langue arabe a ainsi taclé le SG du HCA.

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