Pour le réalisateur Yann-Arthus Bertrand, l’Algérie est un pays aussi beau que compliqué. Le réalisateur français est confronté à plusieurs obstacles qui l’empêchent de commencer le tournage de son œuvre cinématographique « L’Algérie vue du ciel ».

 Dix années se sont écoulées après la sortie de son ouvrage « L’Algérie vue du ciel », contenant plus de 230 photographies des sites les plus magnifiques du pays vue du ciel, l’auteur Yann-Arthus Bertrand  tente actuellement de tourner un documentaire éponyme. Cependant, le tournage de ce documentaire fait face à maintes difficultés, explique l’auteur-réalisateur dans un entretien accordé, mardi, au quotidien algérien l’Expression, « en raison des autorisations devant être récupérées au niveau de plusieurs organismes officiels pour permettre de survoler le pays à bord d’un hélicoptère privé ». Le réalisateur, qui ne dissimule pas son amour pour l’Algérie qui ne cesse de le fasciner depuis des années, affirme porter ce projet dans son cœur et vouloir enfin le voir naître, mais « l’Algérie, bien qu’étant  belle, est un pays très compliqué.»

 Le documentaire est prêt à 80%, selon Yann-Arthus Bertrand. Néanmoins, une autorisation de l’armée pour effectuer un vol tarde à arriver. À ce propos, le réalisateur affirme comprendre ces lenteurs, mais estime que notre pays est bien plus compliqué que les autres. «Quand on fait des prises de vues aériennes, on est un peu comme un espion. On est très surveillé par les autorités militaires. Ce qui est normal. Dans tous les pays du monde, c’est comme ça. C’est quelque chose de compliquée. Mais l’Algérie c’est un peu plus compliqué qu’ailleurs », affirme-t-il.

 Avec son équipe, composée de Yazid Tizi, un franco-algérien, et Mehdi Benaïssa, le réalisateur voudrait séduire les Algériens en leur montrant la beauté de leur pays. Réaliser un documentaire polémique ne fait pas peur à Yann-Arthus Bertrand, car il sait qu’ « en Algérie tout est polémique et il faut accepter le pays tel qu’il est.» Cette coproduction entre l’Aarc et France 2 doit être diffusé par la télévision algérienne le 16 juin prochain. «Je voudrais que tout le monde soit content de ce film. C’est un film de réconciliation, en ce sens où c’est un film de respect qui ne cherche pas à créer la polémique », conclu l’auteur-réalisateur.

 Nourhane S.