Le DRS et ses pratiques obscures sont au cœur du scandale de l’autoroute Est-Ouest. Au tribunal criminel près la cour d’Alger, l’avocat du principal accusé dans cette affaire, Chani Medjdoub, a demandé officiellement au procureur de la République de se rendre dans les locaux du DRS pour enquêter sur les pratiques de torture qu’auraient exercé des agents du DRS. 

Me Amine Sidhoum, l’avocat qui assure la défense de l’accusé Chani Medjdoub a défié clairement la justice algérienne, en demandant à « Monsieur le procureur général, en sa qualité de premier responsable de la police judiciaire, d’aller visiter les locaux du Département du renseignement et de sécurité (DRS). Il n’osera pas et cela ne se fera jamais bien que la loi le lui permette ! », s’est-il indigné dans sa plaidoirie. « Dans les pays qui se respectent et respectent leurs citoyens, les plaintes pour tortures prennent du temps. Or, la plainte pour tortures dans le dossier de Chani a été classée en une semaine », a dénoncé encore Amine Sidhoum.

« Si l’on veut consacrer l’Etat de droit, sachez qu’il se construit avec le droit et non pas par la torture et le chiffon », a-t-il insisté devant le magistrat qui dirige ce procès. Un procès aux multiples rebondissements et, surtout, révélations. Plusieurs ministres, comme Sellal et Amar Ghoul, ont été accusés d’avoir touché des pots-de-vin. Mais, aucun de ces ministres n’a été convoqué par le juge. De hauts du DRS, comme le général Hassan, ont été également cités dans ce dossier. Aucun de ces derniers n’a été évidemment approché par un juge…

Nourhane S.