Dans une lettre anonyme adressée au nouveau ministre des Transports, M. Boudejma Talai, des "employés et cadres" de l'Entreprise nationale de transport maritime de voyageurs (ENTMV) reprochent à leur PDG, M. Ahcène Grairia, des pratiques peu orthodoxes. Mauvaise gestion et favoritisme sont, en somme, les accusations portées à son encontre par un collectif de travailleurs voulant garder l'anonymat "de crainte de représailles".

"Nous,   cadres et employés de l'ENTMV, voudrions vous informer que dès votre nomination à la tête du département des transports, le PDG de l'entreprise, M. Ahcène Grairia, a commencé à se répandre dans les bars d'Alger et de Marseille en racontant qu'il était désormais intouchable puisque vous lui seriez redevable depuis qu'il a recruté votre fils Mehdi au sein de l'agence de Marseille", dénonce d'emblée le collectif de l'ENTMV dans sa requête, dont nous détenons une copie.

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Les rédacteurs de la plainte accusent également le PDG d’ « une gestion caractérisée par la mainmise du syndicat d'entreprise, et notamment son secrétaire général, M. Chemani Youcef, sur la conduite des affaires de l'ENTMV (vous constaterez d'ailleurs, soulignent-ils, que ce dernier accompagne souvent le PDG lors de ses missions à l’étranger ! ) », d’ « un déploiement à l'étranger (ouverture de 3 nouvelles agences en France) qui ne répond à aucune logique économique (…) » ainsi que d’ « avoir affecté son propre fils et celui du SG du syndicat à l'étranger (escale de Marseille) juste quatre années après leur recrutement. »

Joint par téléphone, M. Grairia confirme que son fils et ceux du SG du syndicat et du ministre du secteur sont employés au sein de l’ENTMV. Il avoue aussi que les deux premiers ont effectivement été affectés en France. Il réfute toutefois tout favoritisme ou passe-droit qui auraient présidé à leur recrutement ou transfert à l’étranger.

« Le fils du ministre a été recruté, il y a quelques années déjà, au moment où personne ne pensait que son père allait être nommé un jour à ce poste. Il est Algérien établi à Marseille et titulaire d’un master en informatique. Il s’était porté candidat à ce poste, comme tout le monde, et il a été retenu parce qu’il remplissait les conditions requises. Pourquoi devrait-on recruter un Français et pas l’un de nos compatriotes ? Quant à mon fils et celui du SG du syndicat, ils ont, eux aussi, été recrutés de manière transparente, après avoir postulé, comme tous les autres candidats, suite au lancement de l’appel à manifestation d’intérêt, conformément à la loi. Ils ont été sélectionnés par toute une commission prévue à cet effet, conformément à la réglementation en la matière. Leur transfert en France s’est effectué dans les mêmes conditions de transparence. Mais, ce que ce collectif ne dit pas, c’est qu’ils font partie d’un groupe de six employés affectés temporairement, en avril dernier, à Marseille où il fallait renforcer notre agence en inspecteurs commerciaux. Ils vont d’ailleurs rentrer courant juin prochain », s’en défend-il.

S’agissant de l’ouverture de nouvelles agences, le PDG de l’ENTMV, affirme que leur nombre est de deux et pas trois comme le laissent entendre ses détracteurs. « Nous avons ouverts le mois passé une nouvelle agence à Metz et une autre à Toulouse. Ce déploiement s’est effectué après une étude de faisabilité et de rentabilité, et après consultation de nos consuls sur place, dans l’objectif d’y faire face à la demande », argumente-t-il. M. Grairia qualifie ainsi de « tissu de mensonges » les accusations du collectif et soupçonne une campagne « menée par des individus malintentionnés, et animés de haine, qui veulent ma tête ».