C’est officiel. Désormais,  tous les enfants victimes de viols ou d’agression sexuelle en Algérie devront être filmés pendant les auditions de la Police judiciaire qui enquête sur ces drames. Kheira Messaoudene, la commissaire divisionnaire, chef de bureau national de la protection de l’enfance, à la Direction Générale de la Sûreté nationale (DGSN), a confirmé samedi l’entrée en vigueur de cette nouvelle disposition prévue par la loi relative à la protection de l’enfant. 

Cette procédure est une première en Algérie qui emboîte le pas ainsi à plusieurs pays développés dans le monde. Ainsi, des vidéos seront enregistrées dans les commissariats et gendarmeries lorsque les enfants victimes de viols sont auditionnés par les enquêteurs de nos services de sécurité. Comme en France, ces vidéos seront ensuite gravées sur cédérom puis placées sous scellé afin qu’ils soient consultés par les juges lors des procès où comparaîtront les bourreaux de ces enfants.

« La disposition portant sur l’audition filmée des enfants victimes de violences sexuelles prévue par la loi relative à la protection de l’enfant, est une avancée pour les enquêtes de la police judiciaire, d’une part et réconfortera l’enfant victime de violence sexuelle, d’autre part », s’est réjouie à ce propos la commissaire Messaoudene. « Ce n’est pas facile pour un enfant victime de violence sexuelle de répéter le scénario du viol devant les services de police et même devant le juge », a-t-elle expliqué dans une déclaration à l’APS. Selon cette commissaire, l’audition de l’enfant de « pierre angulaire dans l’enquête policière » sur les affaires liées à la violence sexuelle. Des affaires qui soulèvent l’indignation de l’opinion publique en Algérie.  Dans ce contexte, cette nouvelle loi prévoit que les enfants victimes de viols puissent être auditionnés et filmés par les services de police et de gendarmerie afin d’éviter à l’enfant de répéter ses paroles et de provoquer d’autres traumatismes par les multiples phases de la procédure pénale.

Notez cet article