Contrairement aux assurances émises par plusieurs membres du gouvernement, au sujet des équilibres financiers du pays, le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Laksaci, lui, demande aux banques de s’ «impliquer» d’avantage dans le financement de l’économie nationale.

Dévoilant les grands axes  d’un nouveau schéma de financement de la croissance économique, celui-ci a indiqué que cette orientation est motivée par le fait que le Trésor public n’est plus en mesure de financer l’économie, en raison de la chute des prix du baril. En d’autres termes, les banques devront prêter d’avantage aux entreprises productives nécessitant des fonds. D’autant plus que les banques algériennes font parties des institutions financières qui investissent le moins. Elles sont dotées d’un important matelas financier, mais inutilisé.

Mohamed Laksaci a rappelé que durant les neuf dernières années, 87% des investissements en Algérie ont été financés par le Trésor public. Les banques n’ont qu’une petite marge d’implication. Pourtant, le marché algérien sollicite beaucoup de financements. Et les banques sont appelées à prêter plus, en faisant en sorte même, ajoute le gouverneur de la Banque d’Algérie, de capter l’argent qui est hors circuit. Mais cela passe nécessairement par une réforme du secteur bancaire.

La réglementation trop rigide actuellement fait que les institutions financières font preuve de «trop» de prudence. De plus, comme d’ailleurs l’a indiqué M. Laksaci, certains fondements du secteur financier algérien ne vont pas changer de sitôt. Celui-ci a indiqué, dans ce sens, que la mesure d’interdiction pour les entreprises algériennes de lever des fonds à l’étranger, instaurée depuis 2009, restera en vigueur. Qu’est ce qui va changer alors ? Le premier responsable de la Banque d’Algérie n’en dire pas plus…

Elyas Nour

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