Le rêve Algérien s’est transformé en un véritable cauchemar pour 86 ouvriers bangladais. Ces ouvriers ont été recrutés par l’entreprise chinoise ZHEIJANG CONSTRUCTION INVESTEMENT GROUP CORPORATION, LTD (ZCIGC). Celle-ci a obtenu le marché de construction de logements LPP dans deux sites. Le premier à TLILET, dans la banlieue d’Oran, à l’ouest du pays et le deuxième, à Rouiba, dans la banlieue d’Alger.
Et pour réaliser ces chantiers, l’entreprise chinoise a décidé de recruter des ouvriers du Bangladesh. Ce pays asiatique est réputé pour sa main-d’oeuvre bon marché. L’entreprise chinoise dont le siège social en Algérie est situé à Staoueli, à l’ouest d’Alger, a recouru au bureau de recrutement bangladais Bonanza. Ce dernier propose de trouver pour l’entreprise chinoise pas moins de 300 ouvriers bangladais. Le marché est conclu avec l’entreprise chinoise et fin 2013, les managers chinois déposent une demande pour obtenir une autorisation de travail auprès du bureau de la main-d’oeuvre étrangère relevant du ministère du Travail. Après une année d’attente et de procédure, 86 ouvriers bangladais bénéficient de cette autorisation et rejoignent les deux chantiers en Algérie.
Le contrat prévoit un salaire de 300 dollars par mois en plus d’une prise en charge qui comprend l’hébergement et les repas.Mais, à leur grande surprise, à partir de février 2015, ces ouvriers bangladais reçoivent des salaires nettement inférieurs à 300 Dollars. La cause ? Des ponctions sur salaires ont été effectuées par l’entreprise chinoise qui a refusé de payer les jours de pluie pendant lesquels les chantiers étaient paralysés.  Les ouvriers Bangladais contestent ces ponctions et protestent car ces mesures n’ont guère été prévues par le contrat les liant à l’entreprise chinoise présente en Algérie.Le conflit se radicalise et ZHEIJANG CONSTRUCTION décide de punir les ouvriers contestataire en les privant tout simplement de salaires. Les responsables chinois vont jusqu’à réduire la nourriture des ouvriers bangladais.
« Et depuis deux jours, ces pauvres ouvriers ne reçoivent plus aucune nourriture alors qu’auparavant, ils avaient droit à un seul sac de riz », relate Khaled Goussanem du cabinet d’avocats Goussanem et Aloui qui a été chargé par le bureau de recrutement Bonanza de défendre les droits des ouvriers bangladais livrés à eux-mêmes à Alger et Oran. « Ils vivent dans des conditions inhumaines. Ils dorment sur des planches en bois et utilisent tous des toilettes communes. Ils sont traités comme des esclaves », dénonce cet avocat algérien qui vient d’interpeller l’inspection générale du ministère du Travail. Ce dernier a pour devoir d’agir car les mauvais traitements dont sont victimes ces ouvriers étrangers constituent une grave violation du droit du travail en Algérie. En attendant un sursaut salutaire de nos autorités, les ouvriers bangladais continuent de subir le diktat de leurs employeurs chinois. Contacté par nos soins, un haut responsable de l’entreprise chinoise ZHEIJANG CONSTRUCTION a promis que la situation de ces ouvriers Bangladais sera régularisée dans les jours à venir. Mais, il a refusé, de fournir le moindre détail concret prouvant la bonne volonté de son entreprise. 
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