Quelle sera la meilleure plage, cet été, à travers les 14 wilayas côtières ? Il s’agit d’un concours initié par le ministre de l’Aménagement du territoire, du tourisme et de l’artisanat, Amar Ghoul. Mais cette « compétition » ne peut éluder les questions de fond qui touchent à un secteur appelé à « souffrir » sous la conduite d’un islamo-conservateur.

Une commission interministérielle aura à choisir, à la fin de la saison estivale, laquelle des 372 plages du littoral, décrochera le prix de meilleure plage du pays, en prenant en considération un certain nombre de critères: «le niveau des prestations fournies, l’hygiène, l’organisation, l’encadrement, et le bon accueil des familles».

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Amar Ghoul a indiqué que le slogan choisi durant cette saison estivale est «La plage, un espace familial».  Un slogan choisi, ajoute-t-il, pour «faire évoluer les pratiques  et comportements à travers les plages algériennes» par «l’ancrage d’une culture sociale et familiale, en conformité avec notre culture et nos traditions ancestrales». Mais ce mot d’ordre ultra-conservateur charrie une négation flagrante de l’individu en tant que tel et ne conçoit l’homme et la femme dans une logique familiale. Cette posture idéologique ne peut que compromettre toute relance du tourisme dans notre pays.

Rappelons, par ailleurs, que les autorités ont fait machine arrière en ce qui est de la gestion des plages. Après avoir annoncé, dans un premier temps, que les concessions accordées à certains jeunes allaient être annulées, et que désormais, il appartenait aux wilayas de gérer directement ces plages, ceci dans le but d’assurer la gratuité des lieux aux citoyens, le département de Ghoul a opté finalement pour que la décision quant à reprendre la gestion ou les laisser en concession revenait aux mêmes wilayas. En somme, c’est la confusion est totale. L’accès sera gratuit-il comme annoncé avec fracas par les pouvoirs publics? A voir.

Elyas Nour