Lors de sa première conférence de presse depuis le dernier congrès de son parti, Amar Saâdani s’est attaqué aussi bien à ses détracteurs au sein du FLN qu’à ses adversaires politiques d’autres obédiences.

Répondant aux attaques subies suite à la lettre de soutien que lui a envoyée le chef d’Etat-major de l’ANP et vice-ministre de la Défense national, Ahmed-Gaïd Salah, le secrétaire général du FLN, qui s’est exprimé ce matin lors d’une conférence de presse animée à Alger, a entamé sa diatribe en s’attaquant à Ali Benflis. Celui-ci est, aux yeux de Saâdani, « le dernier qui aurait pu critiquer cette lettre ». Le conférencier s’est ainsi interrogé sur la qualité avec laquelle s’exprime l’ancien Premier ministre. « Il (Ali Benflis, NDLR) n’a pas encore de parti politique légal« , a indiqué Saâdani avant de s’interroger également sur l’identité de Abderrezak Makri et la représentativité de Sofiane Djilali, que le SG du FLN a qualifié de « l’élève qui a trahi son maître (allusion à Noureddine Boukrouh, NDLR). »

Mais de toute la classe politique, Louisa Hanoune a été celle qui a été la plus ciblée par Saâdani. Il estime que « Louisa (Hanoune) a été la première à violer la constitution : Son parti est sectaire, il ne concerne que les travailleurs alors que la constitution interdit la constitution de partis politiques sur une base sectaire. » Pis, Saâdani poursuit sa diatribe en rappelant que la patrone du PT « a été la première personnalité politique à être reçue par Ahmed-Gaïd Salah. Mais dans sa conférence de presse, elle a oublié de dire l’essentiel de ce que le Général lui a dit », a-t-il souligné avant de préciser que Gaïd Salah avait dit à Hanoune que « l’armée ne fait pas de politique ». « Depuis l’arrivée de Gaïd Salah à la tête de l’armée, la période où l’institution militaire faisait les présidents est révolue ! Preuve en est son refus d’opérer un coup d’Etat lors que le président était malade », a-t-il soutenu.

Plus surprenant, Amar Saâdani a rejeté la proposition du SG par intérim du RND, Ahmed Ouyahia, de reconstituer l’Alliance présidentielle. « Une telle décision relève des prérogatives du Conseil national », a-t-il avancé. Et de poursuivre : « Le FLN ne peut être que la locomotive de toute initiative politique dans laquelle il  fait partie. »

Amar Saâdani a par ailleurs indiqué que la révision de la Constitution appelle « une plateforme politique ». Or, « l’opposition refuse de participer à tout ». Il estime, en outre, que l’entrée dans son parti de plusieurs ministres « n’empêche pas le FLN de revendiquer la chefferie du gouvernement ».

Essaïd Ouakli