« Aimez l’Algérie, venez investir et soyez patients » ! Ce slogan positif et enthousiaste n’a pas été l’oeuvre d’un ministre algérien, du Premier ministre ou du Président Bouteflika qui ne s’exprime, d’ailleurs, plus depuis fort longtemps. Non, ce slogan a été entonné par l’ambassadeur français en Algérie, Bernard Emié, qui a prononcé un discours mémorable à l’occasion des Rencontres Algérie, organisées à Paris, par Business France.

En effet, ce discours réhabilite l’Algérie et ses potentialités immenses, tout comme il encourage les investisseurs à venir explorer l’Algérie et y travailler. Pendant ce temps, nos dirigeants, au lieu de promouvoir l’image de notre pays, l’accablent par leur mauvaise gouvernance endémique. Et qui s’est donc chargé de la promotion de l’Algérie auprès des investisseurs étrangers ? C’est l’ambassadeur de France à Alger, pardi ! Ce dernier, a fait le travail de l’Agence Nationale du développement de l’Investissement (ANDI) et du ministère de l’Industrie, de la petite et moyenne entreprise et de la promotion de l’investissement.

Ainsi, un clip pertinent, beau et émouvant a été réalisé par Business France, un organisme qui accompagne les entreprises françaises dans leur développement à l’export. D’une durée de plus de 6 minutes, on y voit des entrepreneurs français racontant leur réussite en Algérie et des investisseurs témoignant leur gratitude envers l’Algérie après avoir réussi à monter leurs affaires. D’autres donnent de précieux conseils à leurs homologues et les incitent à venir investir « dans ce grand pays » qu’est l’Algérie !

Efficace et bien travaillé, ce clip portant sur « l’attractivité de l’Algérie pour les entreprises françaises », a été diffusé pour la première fois à Paris. Intitulé : « Des partenariats franco-algériens réussis – Témoignages », il soigne l’image de l’Algérie et répond avec beaucoup de pertinence aux clichés dont est victime notre pays. 

Pourquoi l’ANDI ou le département ministériel d’Abdeslam Bouchouareb ne pensent pas à de telles initiatives ? Pourquoi fallait-il attendre qu’une chancellerie étrangère fasse ce travail à la place de nos institutions qui consomment d’immenses budgets sans rien offrir en contrepartie ? Ces questions ne trouvent aucune réponse, alors que le budget de l’Agence Nationale de Développement de l’Investissement (ANDI) a connu une sensible augmentation par le projet de loi de finances 2013. Mieux, entre 2012 et 2014, l’ANDI a été dotée d’un budget de 30 millions d’euros. Qu’a-t-elle fait de ce budget ? Combien de spots, de vidéos et de films publicitaires, aurait-elle pu produire pour les diffuser dans les grandes rencontres économiques internationales ? L’Algérie souffre d’une terrible mauvaise image. Même un écolier sait dresser ce constat. Il n’est donc pas possible d’attirer les investisseurs étrangers sans travailler l’image de notre pays. L’ambassade de France l’a bien compris. Et l’ANDI, pas encore !

Sellal, le Premier ministre, dans ses déplacements à l’étranger, notamment pour rencontrer les représentants des grandes puissances, préfère parler de « Pizza » et faire des blagues au lieu de d’emmener dans ses valises de tels produits de promotion.

A l’opposé de son homologue algérien, le gouvernement marocain fait un immense travail de marketing. L’image d’un Maroc paisible, attirant et ouvert circule dans les médias du monde entier et dans les forums économiques internationaux. Quand à l’Algérie, elle demeure associée à la corruption, le terrorisme et la violence. N’est-ce pas injuste ?

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