Un cordon sécuritaire impressionnant pour empêcher le rassemblement des partis boycotteurs. Alger, le 12 mars 2014. Photo : Djamila Ould Khettab

 

Pourquoi il y a en Algérie de plus en plus de mouvements sociaux qui s’expriment, faut-il le noter, avec violence dans beaucoup de cas ? Le sociologue Nacer Djabi a tenté, lors d’une conférence sur les mouvements sociaux dans le pays animée vendredi soir au siège du Rassemblement action jeunesse (RAJ) de trouver des éléments de réponse à cette problématique.

La question est d’autant plus pertinente que la wilaya de Ghardaïa a vécu, cette semaine, d’effroyables affrontements qui ont provoqué la mort de 22 personnes. Selon le sociologue, «la défection des partis politiques et du mouvement associatif a favorisé l’émergence des mouvements sociaux, notamment de protestation, en Algérie». «Ces mouvements ont gagné les villes intérieures et le Sud pour plusieurs raisons, notamment l’implantation d’universités et la disponibilité des moyens de transport et des nouvelles technologies de l’information et de la communication», a-t-il ajouté. En d’autres termes, l’absence d’une classe politique représentative ou d’un mouvement associatif fort ont conduit à ce que la population s’exprime souvent hors de ces cadres-là. En conséquence, les mouvements de protestation algériens sont « non cadré », estime encore le sociologue.

Outre les derniers événements à Ghardaïa, qui, faut-il le préciser, connaît des émeutes similaires périodiquement depuis quelques années déjà, le plus important mouvement social de protestation remonte à 2011 lorsque des jeunes, à travers plusieurs wilayas du pays, ont affronté les services de sécurité. Nacer Djabi conclut : « Les mouvements sociaux en Algérie ne produisent pas d’élite et ne sont pas structurés ». D’où un risque de débordement…

Elyas Nour

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