Deux jours après l’adoption de la Loi de finances complémentaires 2015, Abdelmalek Sellal a défendu la politique de son gouvernement face à une situation économique des plus inquiétantes sur le plateau de l’émission « Hiwar Essaâ », diffusée jeudi soir sur la télévision publique.

La chute des prix du baril de pétrole n’a visiblement pas entamé le moral d’Abdelmalek Sellal. Invité jeudi sur le plateau de l’ENTV, durant l’émission « Hiwar Essaâ », le Premier ministre est revenu sur les dispositions de la Loi de finances complémentaire 2015, approuvée mardi en conseil des ministres. Des dispositions qui prévoient une baisse relative des dépenses publiques et une révision de la fiscalité dans le but de maîtriser le déficit public.

Devant la caméra de la télévision publique, Sellal a tenté de rassurer les Algériens sur la nécessité de réduire les dépenses publiques sans remettre en cause l’Etat-providence, expliquant la décision du gouvernement de « rationaliser les dépenses sans pour autant aller vers une politique d’austérité » car les « acquis sociaux des Algériens sont irrévocables ». Et d’ajouter : « L’austérité génère la pauvreté. Le pays n’est pas  arrivé à ce stade ».

L’ajournement de certains projets et la non-création de postes de travail dans certains secteurs de la fonction publique ne devraient pas affectés la classe ouvrière, a défendu Sellal. Il en veut pour preuve la suppression de l’article 87 bis avec effet rétroactif à partir du 1er janvier 2015. Près de 1,5 million de travailleurs bénéficieront ainsi d’une augmentation de salaire à compter du mois d’août. Dans le secteur de l’Education nationale, quelques 18.000 salariés sont concernés par cette hausse des salaires. Un coup de pouce qui devrait coûter pas moins de 54 milliards de dinars au Trésor public, a révélé Abdelmalek Sellal.

Dans le même ordre d’idées, le Premier ministre a plaidé pour la réduction du gaspillage énergétique, notamment du carburant, en faisant émerger un esprit de « citoyenneté économique » chez les Algériens et en « intensifiant les efforts pour mieux contrôler ces énergies et combattre la négligence ». Un peu plus tôt, le ministre de l’Energie avait révélé qu’un projet de rationalisation de l’utilisation du carburant était à l’étude au niveau de son département.

Rester optimiste face à la tempête, c’est, semble-t-il, la mission d’Abdelmalek Sellal, qui espère une remontée des cours du pétrole d’ici 2017. « Les décisions du président Bouteflika ont permis d’anticiper et de mieux affronter la crise » et « nos réserves en dollars se maintiennent à un niveau élevé », a-t-il défendu, indiquant que le montant actuel des réserves de change est suffisamment élevé pour « couvrir 26 mois d’importations au rythme actuel sans aucun problème ». Néanmoins, avec des revenus pétroliers qui ont baissé de 47% durant le premier trimestre 2015 et aucun signe de remontée des marchés pétroliers, l’Algérie ne pourra certainement pas longtemps éviter une politique d’austérité.