L’attentat terroriste, qui a ciblé, dans la nuit de lundi à mardi, une patrouille de police à Bouira pose de nombreuses questions sur la situation sécuritaire du pays. Car, si l’Algérie est incontestablement dotée d’une solide expérience dans la lutte contre le terrorisme, l’éradication totale de ce phénomène reste pratiquement une utopie. Car, depuis le temps qu’Ahmed Ouyahia estimait que « le terrorisme est résiduel », beaucoup de temps s’est écoulé et des vies sont perdues. A Jamais.

S’il est vrai que cela fait des années que les terroristes ne sont pas parvenus à opérer des actions de grande envergure, les attaques sporadiques et les assassinats de militaires et de membres des forces de sécurité sont monnaie courante. En l’espace de quelques mois, des militaires –dont des officiers- ont été tués et des bombes ont été posées. Ce qui remet au goût du jour le débat sur la politique sécuritaire que les autorités mènent depuis plusieurs années déjà.

Plus, les citoyens de la région de Bouira sont en droit de savoir pourquoi et comment des terroristes, armés de kalachnikov, ont pu s’infiltrer dans une ville aussi surveillée que la leur. Pis, cet acte n’est pas le premier à être signalé dans la région. Il y a quelques mois, en effet, deux soldats ont été froidement tués dans un restaurant à Ladjiba. C’est dans la même localité qu’un groupe a attaqué une poste. Une somme de deux milliards de centime a été dérobée. Plus grave encore, lors des trois actions, les terroristes ont réussi à prendre la fuite et à se fondre dans la nature. Est-ce la faiblesse des services de renseignements ?

Toutes ces interrogations tranchent, pourtant, avec le bilan que vient de fournir l’armée. Pas moins de 102 terroristes ont été neutralisés par l’armée durant les six premiers mois de l’année en cours. Mais d’autres écument, malheureusement encore, nos villes, villages et maquis.

 Essaïd Wakli