Durant chaque mois de Ramadhan, le débat autour de la circoncision refait surface. Des médecins tentent de sensibiliser les gens sur la dangerosité de sa pratique par des non spécialistes et dans des environnements non aseptisés.

A cet effet, le Dr Meriem Benseddouk spécialiste des maladies du sang  au CHU de Beni Messous a rappelé, hier, qu’il faudrait que tout un chacun respecte l’instruction du Ministère de la santé qui a exigé que toutes opérations de circoncisions soient pratiquées par des chirurgiens. De même il faudrait établir un bilan sanguin avant la dite opération. Tout ceci surtout pour éviter, indique ce médecin, un drame surtout lorsque l’enfant est atteint d’une maladie du sang appelé l’hémophilie. Cette dernière «est une anomalie constitutionnelle de la coagulation sanguine en rapport avec un déficit d’un des facteurs de la coagulation». L’enfant atteint de cette maladie fait beaucoup de chutes ce qui lui provoque «des ecchymoses au niveau des articulations accompagnées de douleurs aigues et d’hémorragies».

Quand la circoncision est pratiquée sur un enfant atteint d’hémophilie, sans une observation hospitalière, elle provoque une grave hémorragie qui peut être mortelle dans bien des cas. Dans sens, ce même médecin préconise d’éviter la circoncision précoce, une pratique qui se généralise de plus en plus ces dernières années. Beaucoup de parents décident de circoncire leurs enfants dès ses premiers jours. Or, à cet age-là, l’hémophilie, qui est, faut-il le préciser, une maladie héréditaire, ne peut être diagnostiquée. La présidente de l’association nationale des hémophiles, Mme Latifa Lamhène, a révélé, dans une déclaration faite à l’APS, que chaque année, à la veille de «Leilat El Qadr», où sont organisées régulièrement des opérations de circoncisions collectives, «3 à 4 enfants décèdent en raison de l’ignorance des médecins et des familles de cette maladie».

Elyas Nour