La décision de rendre le parler algérien obligatoire dans l’enseignement primaire à partir de la prochaine rentrée scolaire, a suscité une véritable levée de boucliers dans les milieux arabo-islamisants. Sur les réseaux sociaux, la recommandation issue de la conférence nationale sur l’évaluation de la mise en œuvre de la réforme de l’école qui s’est déroulée, au Palais des Nations à Alger, les 26 et 27 juillet en cours, a soulevé un tollé général au sein de ces milieux. La première réaction indignée fut celle de l’Association des oulémas musulmans algériens qui a réagi, hier, dans un communiqué virulent.

Dans un communiqué, rendu public hier mardi, l’Association des oulémas musulmans algériens a demandé aux responsables du secteur de l’Education national de surseoir à leur décision d’introduire le parler algérien dans le cycle fondamental à partir de la prochaine rentrée scolaire 2015-2016.

Jugeant cette décision de «grave, dangereuse et de première dans l’histoire de l’éducation en Algérie», l’association, s’adressant au Premier ministre, abdelmalek Sellal, et à la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, a demandé l’annulation de cette mesure.

Selon la chaîne de télévision privée Echourouk TV, qui a copieusement relayé les prises de position des islamo-baâthistes, l’association s’est montrée catégorique en manifestant son indignation quant à cette disposition.

Rappelons que cette décision a été annoncée par Messeguem Nedjadi, inspecteur général du ministère de l’Education nationale, lors de la présentation des résultats de la conférence sur l’évaluation de la réforme du système éducatif. Ce dernier a souligné l’impératif de permettre aux écoliers de se familiariser progressivement avec la langue arabe.

Sur les réseaux sociaux, la décision a été largement moquée par les internautes d’obédience arabo-islamistes qui n’ont pas hésité à publier des photos et des commentaires pour s’interroger sur l’avenir de l’Education en Algérie. Elle a été, par contre, saluée par les tenants d’une école authentiquement algérienne et débarrassée des pesanteurs qui ont, jusque-là, entravé son épanouissement, notamment l’arabisation au rabais qui a donné « les résultats médiocres observés aujourd’hui ».

Nourhane S.