Le drame qui a endeuillé, mercredi, la région de Ghardaïa laisse transparaître la seule piste qui n’est toujours pas explorée : une intervention énergique de l’armée.

Et ce jeudi, et parallèlement à une visite qu’effectue sur place le premier ministre, Abdelmalek Sellal, des informations, difficiles à confirmer pour l’instant, font état de la possibilité d’aller vers une solution encore plus radicale : imposer un état de siège dans la wilaya.

Le choix d’aller vers plus de fermeté a été pris lors de la réunion présidée, mercredi, par le chef de l’Etat. Ce dernier a annoncé la décision de donner à l’armée, à travers le chef de la 4ème région, le Général-Major Abderrezak Chérif, tous les pouvoirs dans la région. C’est ce chef militaire, qui s’est déplacé sur les lieux à deux reprises depuis le début des évènements, qui est chargé de « coordonner » les actions des autorités locales et des services de sécurité.

Cette décision est rendue nécessaire suite à une grande circulation des armes dans la région. L’usage massif des armes a donné à Ghardaïa les allures d’une guerre civile. Une situation que les autres services de sécurité ne peuvent pas gérer pour le moment.

L’autre mesure qui pourra être décrétée dans le cas où la situation ne se règle pas est celle d’aller vers l’instauration d’un couvre-feu total ou partiel dans les quartiers de Ghardaïa qui connaissent d’énormes troubles. La décision peut s’avérer indispensable surtout que plusieurs témoins évoquent la présence de personnes armées encagoulées dans certains quartiers. Ce sont ces personnes qui auraient provoqué le plus grand nombre de morts.

Par ailleurs, les premières conséquences de la réunion qu’a présidée Bouteflika mercredi commencent à être mises en place. Ainsi, selon plusieurs sources médiatiques, le procureur général près la Cour de Ghardaïa aurait demandé l’arrestation de Kamel-Eddine Fekhar, un activiste mozabite connu pour son langage extrémiste. D’autres activistes, qui écument notamment les réseaux sociaux, sont dans le collimateur de la justice.

Pour l’heure, déployée dans la vallée du M’zab, est restée discrète en attendant l’inhumation des victimes des massacres de mercredi.

Essaïd Wakli

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