Pour se prémunir contre la menace islamiste armée, un ensemble de mesures politiques, économiques et sociales s’impose. C’est du moins ce que suggère le Parti socialiste des travailleurs (PST).

Dans un entretien accordé au quotidien national Reporters, le leader de ce parti de gauche, Mahmoud Rachedi, préconise notamment l’abandon des « recettes économiques libérales qui profitent à une infime minorité de prédateurs, dont les ravages sociaux sont palpables en Algérie et à l’échelle internationale, doivent être abandonnées. » Et d’enchaîner: « Il faut la levée de toutes les entraves à l’exercice des libertés démocratiques, notamment celles relatives aux libertés syndicales, aux droits à l’organisation, à l’expression et de manifestation. Il faut engager la bataille pour l’égalité des droits entre les hommes et les femmes par l’abrogation du Code de la famille et l’instauration de lois civiles. Il faut promouvoir les droits culturels et linguistiques de toutes les composantes de notre peuple. Il faut mettre en place une stratégie de développement économique nationale qui puisse satisfaire les besoins sociaux de tous, consacrer la souveraineté du peuple algérien sur ses richesses et garantir son indépendance et la maîtrise de son destin. »

Pour le leader du PST, la solution au terrorisme armée est avant tout politique. « Pour le Parti socialiste des travailleurs, comme nous l’avions déjà rappelé dans les années 1990, il n’y a pas de solution policière aux problèmes politiques », a-t-il déclaré. M. Rachedi estime ainsi que « la défaite des islamistes armés en Algérie, dont les exactions et la barbarie sont encore vivaces, était d’abord politique par le fait de la désaffection populaire dès la fin 1994. Les réconciliateurs de Sant’Egidio ou la présidentielle du pouvoir militaire de l’époque et ses alliés de 1995 surfaient sur cette réalité. Dès lors, leur défaite militaire se réduisait à une question de temps. Bien entendu, il ne s’agit pas ici de revenir sur les exactions des uns et des autres que nous avions dénoncées en leur temps. »

Mais la solution politique que préconise le leader du PST n’est pas celle menée jusque-là, notamment par l’actuel chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, à travers la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. « En revanche, la solution politique que nous avions préconisée n’est pas celle de M. Bouteflika. La réconciliation et la concorde ne se décrètent pas en consacrant l’impunité et l’injustice. La solution politique démocratique suppose au moins la reconnaissance des crimes, le pardon des victimes par le biais d’une justice acceptable par tous. La solution politique démocratique exige des choix économiques et sociaux qui garantissent le pain, le travail et le logement pour tous, qui assurent la liberté et la dignité au peuple algérien et offrent un horizon d’espoir à notre jeunesse », a souligné M. Rachedi, qui n’écarte pas « complètement » la menace islamiste armée. Celle-ci, est, selon lui, « à l’état groupusculaire aujourd’hui ».

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