La situation des détenus Kameleddine Fekhar et Soufghalem Kacem devient de plus en plus inquiétante. Selon certaines indiscrétions, leur état physique est critique, suite à la grève de la faim qu'ils observent depuis une quinzaine de jours. Le premier cité aurait même été tabassé en prison.

En effet, d'après les déclarations de son avocat, Me Salah Dabouz en l'occurrence, samedi dernier sur les ondes de Radio Canut, Dr Fekhar aurait été "mis a genoux devant un mur et tabassé". Lesquels déclarations ont été confirmées auprès de Me Dabouz par Me Noureddine Ahmine, un des membres du collectif d'avocats des détenus mozabites, joint par nos soins.

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Interrogé par Algérie Focus sur les conditions de détention des deux leaders mozabites, Me Ahmine se montre lui aussi inquiet. "Nous avons des informations en la matière concernant Fekhar et Soufghalem. Pour les autres détenus, il n'y a pas eu de contacts directs avec eux. Pour les deux cités, les conditions de la garde à vue ont été pénibles. Le moment voulu, on s'étalera davantage sur la question. Actuellement, ils sont en grève de la faim. Fekhar est allé carrément jusqu'à dire qu'il a peur pour sa vie", affirme Me Ahmine, qui souligne que lorsque les deux  concernés ont été présentés devant le juge d'instruction (le 15 juillet courant, NDLR), "ils étaient déjà en grève de la faim."

D'après notre interlocuteur, au total, 31 mozabites sont poursuivis dans le cadre de cette affaire. 25 parmi eux, dont les deux sus-cités, sont en détention à la prison d'El Ménéa, dans la wilaya de Ghardaïa. Trois étaient en fuite. L'un d'eux a été arrêté ces derniers jours à Annaba, et les deux autres sont toujours en cavale. Les trois restants, affirme Me Ahmine, sont des mineurs en liberté.

A rappeler que les mis en cause ont été arrêtés le 9 de ce mois dans une mosquée de Ghardaïa, alors qu'ils accomplissaient la prière de tarawihs. Des griefs très lourds pèsent sur eux, dont celui d'atteinte à la sûreté de l'Etat, suite aux derniers événements ayant ensanglanté la vallée du M'zab. "Pratiquement tout le contenu de l'article 87 bis du code pénal", souligne Me Ahmine.